Né à Flers (Orne) dans une famille modeste, pupille de la nation, Guy Mollet fait ses études comme boursier à la faculté des lettres de Lille. De 1936 à 1944, il mène de front ses activités de professeur d'anglais à Arras, de secrétaire général de la Fédération de l'enseignement puis de résistant, notamment en tant que responsable de l'organisation civile et militaire pour le Pas-de-Calais (1942-1944).
À la Libération, il devient maire d'Arras, conseiller général et député du Pas-de-Calais. Par la suite, il sera toujours réélu ; il contribue à la rédaction des Constitutions de 1945, de 1946 et de 1958 et n'abandonne ces mandats que pour des charges ministérielles (notamment dans le cabinet Léon Blum) et gouvernementales. Il est ainsi, successivement, président du Conseil des ministres (janv. 1956-mai 1957) — à ce titre, il engage la France aux côtés des Britanniques dans la malencontreuse expédition de Suez —, vice-président du même Conseil (15-31 mai 1958) et ministre d'État dans le premier cabinet du général de Gaulle (juin 1958-janv. 1959).
« Européen déterminé », il a fait partie de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe, de l'Assemblée de la C.E.C.A. et du Comité d'action pour les États-Unis d'Europe créé par Jean Monnet.
Engagé très jeune dans le mouvement socialiste, Guy Mollet s'est voué entièrement à la S.F.I.O. sur laquelle il a régné comme secrétaire général, de 1946 à 1969, sans discontinuer. Après avoir été fondateur de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (F.G.D.S.), il rentre dans le rang du nouveau Parti socialiste à sa fondation en 1969, tout en restant député. Il crée en 1969 l'Office universitaire de recherches socialistes (O.U.R.S.), dont il assume la présidence. Il a publié plusieurs ouvrages de documentation socialiste, dont Le Socialisme selon Tito (1971) et ses souvenirs de constituant de 1958 sous le titre Quinze Ans après (1973).
Gérard PONTHIEU
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