7. Culture matérielle
À l'exception des techniques relatives à l'élevage, largement développées chez eux (citons comme exemple un procédé indigène de vaccination contre la peste bovine), la culture matérielle des Peuls est essentiellement constituée d'emprunts aux populations parmi lesquelles ils vivent ou ont vécu. Chez les Peuls sédentaires, l'exercice de ces techniques est en outre fréquemment le fait d'artisans non peuls ou formant, à l'intérieur de la communauté peule, des sous-groupes endogames. Ainsi au Sénégal, cinq « castes » réputées d'origine étrangère se partagent les divers métiers du fer, du bois, du cuir, du tissage et de la poterie. Quant aux nomades, ils vivent en fait en symbiose avec les sédentaires non peuls ou les nomades maures ou touaregs, dont ils dépendent entièrement pour la plupart des vêtements ou des instruments qui leur sont nécessaires. C'est-à-dire que, même dans les communautés peules sédentaires, les influences étrangères se manifestent largement : l'habitat des Peuls ne leur est jamais propre ; ils adoptent les procédés de construction et les usages de leurs voisins ou de leurs anciens sujets : Soussous en Guinée, Mboums, Gizgas, Battas ou Dourous au Cameroun, etc. Mais cette perméabilité aux influences extérieures, qui rappelle celle dont les Arabes ont fait preuve aux premiers siècles de l'islam, ne va pourtant pas sans une adaptation aux exigences et aux habitudes des Peuls et confère à leurs demeures, à leurs vêtures, voire à leurs objets usuels, un caractère particulier. Cela à l'image des Peuls eux-mêmes qui, à travers les errances et les fortunes de l'histoire, ont préservé jusqu'à présent leur forte originalité.
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