Les littératures traditionnelles africaines revêtent différentes formes, du récit appartenant au patrimoine identitaire d'un groupe ou d'une ethnie à la production d'œuvres entièrement nouvelles, inscrites dans les préoccupations les plus actuelles de cette ethnie ou de ce groupe. De la même façon, ces littératures empruntent des voies diverses, de la littérature orale, toujours bien implantée en raison du spectacle auquel elle recourt, à des textes transcrits dans une langue tardivement transcodée. S'il semble urgent que les anthropologues et les linguistes recueillent ces traditions populaires menacées par la modernité, paradoxalement le collationnement de ces traditions n'a jamais été autant partagé de par le monde, notamment grâce aux nouvelles technologies qui, en les enregistrant et en les diffusant à moindre coût, permettent de saisir la diversité africaine dans ses dimensions les plus profondes et les plus authentiques.
Les littératures d'expression européenne sont issues de la colonisation. Qu'elles soient d'expression anglaise, française ou lusophone, elles sont toutes tributaires du riche fardeau de l'acculturation plus ou moins consentie, plus ou moins adoptée, entre les franges méridionales du Sahara et l'Afrique du Sud
1. Les littératures traditionnelles
• Définition du champ
L'objet même de « littératures traditionnelles », appliqué à l'Afrique subsaharienne, appelle quelques précisions. Dans le champ de la production littéraire de cette partie du continent, qu'est-ce qui définit les littératures dites « traditionnelles » ? Un tel concept semble impliquer une opposition avec une littérature « non traditionnelle » qui serait alors « importée » (mais l'histoire ne montre-t-elle pas que le patrimoine culturel de toutes les civilisations est fait d'emprunts et d'échanges incessants ?) ou « moderne » (la notion de modernité s'opposant souvent à celle de tradition). La tentation est grande alors de définir les littératures « traditionnelles » à l'aide d'une série d'opposit […]
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