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DIOLA ou JOLA

Sur les deux rives de la Casamance, au sud du Sénégal, entre la Gambie et la Guinée-Bissau, se trouvent des populations que l'on regroupe sous le terme de Diola (ou Jola). Au nombre de 900 000 environ au début du xxie siècle, les Diola constituent une des populations les plus jalouses de leur individualité que l'on rencontre au Sénégal, dont ils constituent 8  p. 100 de la population ; ils représentent l'un des trois rameaux mandingues.

L'organisation politique des Diola comporte une chefferie nobiliaire qui n'a plus guère que des fonctions religieuses, des conseils d'anciens qui règlent les litiges locaux et des chefs de village ou de cantons choisis par l'administration et qui ont surtout pour charge de collecter l'impôt. Mais le pouvoir réel est détenu par des sociétés secrètes, liées aux pratiques animistes. Une partie de la population adhère cependant à l'islam ou au christianisme.

Les Diola ont aussi une structure économique et agraire puissante. Les biens sont morcelés, mais le patriarche gère la propriété collective. Chaque famille possède ses parcelles de terre ou lougan, mais le défrichement reste une activité communautaire. Le Diola présente une alliance étonnante d'individualisme et de solidarité. C'est un cultivateur de qualité, pratiquant aussi bien la sylviculture que l'horticulture et l'agriculture, et aussi l'élevage et la pêche. Le riz est la culture dominante, mais elle n'éclipse pas une polyculture très diversifiée (manioc, igname, patate douce, oseille, gombo, haricot, mil, sorgho, arachide).

La société diola, quoique encore solide, subit de multiples attaques qui tendent à la désagréger : diffusion de l'islam qui refoule les cultes animistes ; attrait de la ville où s'affaiblissent les liens familiaux ; présence croissante d'ethnies différentes (Ouolof et Sérère, Peul et Mandingue) qui apportent une culture teintée d'islam.

Alfred FIERRO

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