2. Les genres
• La distinction des genres
On sait, notamment par Pline (Histoire naturelle, livre XXXV), que la distinction des genres était connue dans l'Antiquité. Il remarque qu'un certain Piraïkos, qui vivait, semble-t-il, vers la fin du ive siècle et était spécialisé dans la représentation de « boutiques de barbiers et de cordonniers, des ânes, des provisions de cuisine et autres choses semblables », vendait ses tableaux plus cher que de « très grandes œuvres » d'autres peintres. La nuance péjorative qui s'attachait à de telles représentations (baptisées « rhopographie » ou « rhyparographie », représentation d'objets insignifiants ou dégoûtants) était balancée par l'admiration pour la virtuosité illusionniste de l'artiste. Selon une anecdote inlassablement reprise dans la tradition occidentale, les oiseaux venaient picorer les raisins peints par Zeuxis. L'idée n'en a pas moins été fortement établie par Aristote que la valeur d'une œuvre dépend du contenu moral dont est chargée la représentation.
Bien des natures mortes représentées sur les murs de Pompéi doivent reproduire des tableaux autonomes. La nature morte antique comprenait des xenia, tableaux de victuailles et don d'hospitalité, des représentations de tables servies et des corbeilles de fleurs. Le portrait a également eu une vie autonome et on en conserve la trace, tardive, dans les portraits funéraires du Fayoum. La légende voulait qu'à l'origine de la peinture il y ait un profil, celui de son amant à la veille de partir que la jeune Corinthienne Dibutade dessina sur un mur pour en conserver le souvenir ; il est probable en effet que le portrait de profil, celui qu'on trouve sur les monnaies, a été le premier pratiqué. La « mégalographie » se consacrait à des sujets nobles, comme la Bataille d'Alexandre, bien connue par la copie en mosaïque trouvée à Pompéi.
La disparition quasi co […]
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