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GIOTTO (1266 env.-1337)

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L'Expulsion des démons, Giotto

Au chant XI de son Purgatoire, Dante fait dire vers 1320 à Oderisi da Gubbio, enlumineur à Paris, que Giotto avait éclipsé Cimabue, comme en poésie le Florentin Guido Cavalcanti l'avait fait du Bolognais Guido Guinizelli. Pour Boccace, la peinture de Giotto n'égaie pas seulement les yeux des ignorants, mais réjouit aussi l'esprit des savants (Décaméron, VIe journée nouvelle V). Vers 1320 encore, un commentateur de La Divine Comédie de Dante reprend la comparaison entre Cimabue et Giotto et l'explique en référence aux textes de l'Antiquité, à Valère Maxime notamment. Les jugements de valeur, tous élogieux, certains dithyrambiques, se poursuivent jusqu'aux années 1340 environ, puis cèdent la place à des évaluations plus modérées, voire plus nuancées. Vers 1376, un autre commentateur de Dante, Benvenuto da Imola, éprouve plus de difficultés à commenter le fameux passage sur Cimabue et Giotto : il écrit que, de l'avis des bons connaisseurs, Giotto aurait aussi commis des fautes graves dans ses peintures, même si personne n'avait plus d'esprit que lui. C'est vraiment au cours de la dernière décennie du xive siècle que la reconnaissance de Giotto triomphe dans les villes comme dans les cours d'Italie et que son nom devient quasiment synonyme de la nouvelle notion d'artiste qui, peu à peu, émerge. Ces témoignages, divers et parfois contrastés, rendent compte de réalités beaucoup moins établies qu'on aurait pu le croire. Dans les faits, il n'existe pas un modèle giottesque, mais une construction patiente, au fil du temps, des regards portés par les générations qui se suivent jusqu'au début du xve siècle sur sa personnalité et sur ses créations. Nous essaierons de mieux saisir l'œuvre et la mouvance dans laquelle elle s'inscrit, ainsi que les jugements des contemporains.

1.  Repères biographiques

Giotto di Bondone est né peut-être vers 1266, à Vespignano, dans les collines du Mugello, à l'est de Florence. Il fait sans doute son apprentissage dans l'atelier de Cimabue et entre très […]

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GIOTTO (1266 env.-1337) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Christophe MOREAU

Le 18 juillet 1228 a lieu la canonisation de Francesco di Bernardone (saint François d'Assise), deux ans après sa mort. La même année va être entreprise la construction d'une basilique sur deux niveaux en bordure de la ville d'Assise, au-dessus du tombeau du saint. À la demande du chapitre de l'ordre des Franciscains, saint Bonaventure rédige une… Lire la suite
ANDREA PISANO (1290 env.-1348)

Écrit par :  Jean-René GABORIT

… *Malgré sa célébrité, Andrea de Pontedera — plus connu sous le nom d'Andrea Pisano, bien qu'il n'ait aucun lien de famille avec Nicola et Giovanni Pisano — reste un artiste assez énigmatique. Sculpteur, architecte, ingénieur militaire peut-être même, il semble, à l'origine, avoir été orfèvre ; sa première et seule œuvre absolument certaine, la… Lire la suite
ART (Aspects culturels) - L'objet culturel

Écrit par :  Jean-Louis FERRIER

Dans le chapitre "Le prétendu réalisme de Giotto"  : …  d'un progrès continu qui l'aurait conduite à la maîtrise scientifique et technique actuelle.* Aussi convient-il de s'arrêter au cas de Giotto qui est, sans doute, à la fin du Moyen Âge, le premier peintre de la modernité. Alors que les règles sur lesquelles reposait l'art byzantin perdaient de leur empire, l'activité de Giotto le classe… Lire la suite
ASSISE

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *La petite ville aux toits roux, dominant une vallée ouverte sur les horizons clairs de l'Ombrie, est aujourd'hui une cité hors du temps, recueillie dans le souvenir de saint François. Mais Assise avait déjà vécu une longue histoire lorsque apparut le Poverello et, après la mort de celui-ci, elle fut, grâce au culte franciscain, un foyer… Lire la suite
AUTOPORTRAIT, peinture

Écrit par :  Robert FOHR

Dans le chapitre "Le regard du peintre : l'autoportrait « situé »"  : …   des peintres illustres...), Vasari attire notre attention sur un autre procédé, inauguré par *Giotto dans les fresques de l'Annunziata de Gaète (1333), où l'on pouvait voir « sa propre figure au pied d'un grand crucifix splendide ». Ce type d'autoportrait dit in assistenza ou situé, c'est-à-dire intégré à une scène religieuse ou… Lire la suite
BELTING HANS (1935- )

Écrit par :  Daniel RUSSO

Dans le chapitre "Sur les deux rives de la Méditerranée"  : …  (Das Illuminierte Buch in der Spätbyzantinischen Gesellschaft, Heidelberg, 1970), *et en Italie, sur les fresques peintes par Giotto dans l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise (Die Oberkirche von S. Francesco in Assisi, Berlin, 1977). Dans les deux cas, il analyse les changements majeurs qui… Lire la suite
CIMABUE (1250 env.-env. 1302)

Écrit par :  Daniel RUSSO

Dans le chapitre "Une biographie lacunaire"  : …  Duccio di Buoninsegna, des Florentins aussi, parmi lesquels le Maître d'Isaac qui serait le jeune *Giotto di Bondone. Après une brève interruption, une deuxième campagne débute sous sa conduite, en 1279. À partir de cette date, les repères se brouillent : il peindrait une Vierge à l'Enfant, en majesté, pour l'autel de l'église des Servites à… Lire la suite
CYCLE, peinture

Écrit par :  Cariss BEAUNE

… *On entend par cycle de peinture une grande composition narrative se divisant en épisodes et exigeant une grande surface de développement. Techniques et supports les plus généralement employés sont la fresque et la peinture à l'huile sur tableaux. Impliquant une lecture en continuum, le cycle aborde deux thèmes principaux : religieux tout d'abord,… Lire la suite
DÉCOR DE LA NEF DE LA BASILIQUE SAINT-FRANÇOIS, Assise

Écrit par :  Christophe MOREAU

  *Vers la fin du xiiie siècle à Assise l'ordre des franciscains voulait présenter aux yeux du public un cycle imagé retraçant la vie de leur saint fondateur. Ils virent en la personne de Giotto, qui avait déjà travaillé au décor de la basilique saint-François, avec son maître Cimabue, l'artiste répondant… Lire la suite
FRESQUE

Écrit par :  Ève BORSOOK

Dans le chapitre "Les techniques"  : …  François à genoux recevant la règle des mains du pape (chapelle Bardi, Santa Croce, Florence), *Giotto a d'abord exécuté la tête en buon fresco, de même que les « préparations » pour la robe et les pieds ; mais, en fait, il a probablement traité l'habit du personnage qui se trouve derrière le saint en même temps que les pieds du saint… Lire la suite
GADDI TADDEO (1300 env.-env. 1366)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *Parmi les continuateurs de Giotto dont il fut le disciple et le collaborateur pendant vingt-quatre ans, Taddeo Gaddi est sans doute le plus notable et il fut assurément le plus célèbre en son temps : un document antérieur à 1350 le mentionne en tête des peintres florentins de l'époque, avant Orcagna, Nardo di Cione et Stefano Fiorentino. Cinquante… Lire la suite
GOTHIQUE ART

Écrit par :  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

Dans le chapitre "L'Italie gothique"  : …  d'importantes commandes : par exemple le saint Pierre coulé en bronze à Saint-Pierre de Rome. *En peinture, Giotto fait pendant à Giovanni Pisano (1266 ou 1267-1337). Il rompt lui aussi avec la tradition byzantine et témoigne d'une culture nordique tout aussi affirmée. Sa personnalité apparaît sans ambiguïté dans les œuvres postérieures au… Lire la suite
JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST

Écrit par :  Joseph DORÉPierre GEOLTRAINJean-Claude MARCADÉ

Dans le chapitre "Réformes en Occident"  : …  San Domenico, à Arezzo (1260-1265), est fait de pathétique et de recherche plastique. Son disciple, *Giotto, a illustré la vie et la passion du Christ dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, imposant une vision du Sauveur plus « sociologique », plus narrative aussi dans son lyrisme. Ami de Dante, Giotto s'intéresse dans ses représentations à l'… Lire la suite
L'IMAGE DE L'ARTISTE. LÉGENDE, MYTHE ET MAGIE, livre de Ernst Kris et Otto Kurz

Écrit par :  François-René MARTIN

Dans le chapitre "Héros et magiciens"  : …  par hasard est centrale dans le processus de sublimation de l'artiste en « héros culturel » : *Vasari raconte dans les Vies comment le destin de Giotto, simple berger, se scelle quand Cimabue le croise au hasard de son chemin et devine en lui un grand artiste. Celle de la création comme adhésion à la nature nourrit les multiples… Lire la suite
MASACCIO (1401-env. 1429)

Écrit par :  Giovanni PREVITALI

Dans le chapitre "Le néo-giottisme et la tradition gothique"  : …  florentine : il s'agit cette fois d'un retour à ce que Masaccio considère comme le « vrai » *Giotto, dont la peinture est réduite à son essence plastique, « pure et sans ornement », ce que le Giotto de l'histoire ne réalisa jamais (sinon, peut-être, dans la chapelle Peruzzi). Dans le cadre de la perspective de Brunelleschi, les indications… Lire la suite
NATURE MORTE

Écrit par :  Robert FOHR

Dans le chapitre "Moyen Âge et Renaissance : réalité et symboles"  : …  aucune place –, la nature morte réapparaît en Italie, au début du Trecento. Le sens spatial d'un *Giotto et le goût siennois du détail réaliste réhabilitent en effet les objets à l'intérieur des compositions à figures, pour donner à celles-ci davantage de vérité et de vie. Ambrogio Lorenzetti dans l'église inférieure d'Assise, vers 1320, Taddeo… Lire la suite
PAYSAGE, peinture

Écrit par :  Eugenio BATTISTI

Dans le chapitre "L'Europe"  : …  la famille Orsini. Lorsqu'il réalise les fresques d'Assise dédiées à la vie de saint François, *Giotto suggère, sommairement, des vallées avec des maisons sur les collines ; puis une rapide progression stylistique le fait passer de l'utilisation de modèles fournis par la sculpture à un effort de transcription du réel, certainement à partir de… Lire la suite
RENAISSANCE

Écrit par :  Eugenio BATTISTIJacques CHOMARATJean-Claude MARGOLINJean MEYER

Dans le chapitre "Les problèmes de style"  : …  ci ne se produisirent qu'occasionnellement (chez Andrea Pisano) sous l'influence de la peinture de *Giotto. Pétrarque se plaint ouvertement : « Ce temps, qui pèche sur tant de points, veut apparaître comme l'inventeur de la peinture ou du moins il prétend avoir atteint à l'élégance, à la perfection, au raffinement, qui sont choses voisines de l'… Lire la suite
TOSCANE

Écrit par :  Adrien GOETZMichel ROUX

Dans le chapitre "Une « renaissance » avant la Renaissance ?"  : …  que l'on a voulu le répéter à la suite de Vasari, ouvre, selon Dante qui le cite, la voie à *Giotto. On peut ainsi retracer, dans les textes littéraires, une généalogie des « renaissances » successives : Cimabue, Giotto, Masaccio, Léonard et Michel-Ange. C'est le projet de Vasari, le Florentin : il fournit, par cette belle architecture… Lire la suite

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Saint François d'Assise donnant son manteau à un pauvre, Giotto L'Expulsion des démons, Giotto Le Rêve de Joaquim, Giotto Le Baiser de Judas, Giotto Procès de Jésus La Madone d'Ognissanti, Giotto La Mort de saint François d'Assise, Giotto Le Rêve de Joaquim, Giotto

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