Vue sous un certain angle, l'Europe peut apparaître comme un cimetière d'exploitations minières dont les trous d'extraction, les fonçages de puits, ou simplement les excavations, ont, depuis la fin de la période protohistorique, criblé la surface, des minuscules égratignures causées par une exploitation paysanne de gisements superficiels et éparpillés, jusqu'aux chevalements qui signalent le passage à l'exploitation de couches profondes, et aux blessures infligées par les moyens mécaniques puissants utilisés pour l'extraction à ciel ouvert. Des Carpates aux Apennins, de la péninsule Ibérique à l'Oural, de la Scandinavie centrale à la Sardaigne méridionale, l'éventail des richesses minéralogiques a depuis des millénaires entretenu un art de la mine et de la métallurgie qui constitua l'une des bases les plus sûres de la capacité conquérante de l'Europe, économique aussi bien que militaire.
Depuis la fin du xviiie siècle, la carte de ces ressources et de leur exploitation a connu une simplification considérable du fait de la concentration des efforts sur les bassins les plus riches. Ce sont eux qui, à la fin du xxe siècle, ont connu en peu de temps un naufrage sans rémission au terme duquel se pose dans des conditions analogues, d'un pays à l'autre, la question de l'élimination de leurs traces – dans le paysage comme dans la mémoire – ou, à l'inverse, celle de leur « patrimonialisation » et de leur insertion dans un système approprié de conservation matérielle et culturelle.
1. Diversité et éparpillement des sites
Concernant les gisements houillers, le premier grand ensemble est celui de l'Europe du nord-ouest : bassins du pays de Galles et de l'Angleterre, du Nord-Pas-de-Calais, du sillon Sambre-Meuse, de la Ruhr, du Limbourg et de la Lorraine-Sarre. Partout la dimension des installations se révèle proportionnelle au degré de concentration financière et technique qu'a pu atteindre l'exploitation : depuis la taille modeste des charbonnages des Midlands jusqu'au gigantisme de la min […]
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