L'hypothèse est dans l'air aujourd'hui d'une crise durable de fréquentation des musées. Le tassement ou la baisse de la clientèle tiendraient à plusieurs facteurs : la difficulté pour un musée de se renouveler, puisque par définition il vit sur des collections qui ne peuvent connaître qu'un accroissement lent ; celle aussi d'exercer sur un public élargi un attrait suffisant, en dépit de la multiplication des expositions temporaires, de la modernisation des concepts et des instruments de la muséographie, de l'usage qui se généralise de l'interactivité, de l'ouverture à des manifestations sociales ou culturelles n'ayant pas de lien direct avec la spécialité même du musée, celui-ci prenant alors le caractère d'un lieu de sociabilité. Toutes « recettes » peut-être insuffisantes pour garantir la fondation d'une nouvelle alliance entre le musée et son environnement humain.
Bien que les musées ou écomusées industriels et techniques n'échappent pas à ces périls et à ces remises en question, il apparaît cependant qu'ils sont probablement le lieu où s'élabore la mutation intellectuelle et professionnelle la plus profonde : une mutation conduisant du musée « de ceci ou de cela », du […]
