3. Le débat autour du patrimoine minier
L'image du passé est loin d'être négative, dans les anciens bassins miniers, dans le cœur de populations qui ont souvent racheté et désormais transmettent leurs maisons à leurs héritiers. Traditionnellement elles entretiennent une réelle fierté d'un métier qui est toujours apparu à la fois comme très dur mais aussi comme réellement « qualifiant » et, parfois même, comme héroïque.
Le lourd héritage matériel que constitue le patrimoine des mines mortes l'expose à des risques de destruction rapide et programmée. En France, par exemple, une législation d'État précise et rigoureuse impose aux houillères nationalisées d'assainir et de sécuriser, fût-ce au prix de l'arasement, les sites qu'elles abandonnent. Les frais éventuels de maintenance ou de gardiennage jouent évidemment un rôle dissuasif. Les repreneurs, s'ils se manifestent (par exemple, des collectivités locales désireuses de maîtriser la planification et le développement urbains), doivent se substituer aux Charbonnages de France dans le respect des mêmes contraintes. Certains « héritages » laissent des traces encombrantes : zones non constructibles en raison des risques d'affaissement de terrain ; plates-formes correspondant à d'anciens « carreaux » de mine et dont les sols ne portent qu'une maigre végétation, etc.
Pourtant, des arguments d'ordre historique, culturel, humain pèsent fortement en faveur du respect d'un certain nombre de « monuments » et de structures paysagères qui sont la marque de la création d'un nouvel environnement, le support concret indispensable à la construction de la mémoire : celle d'une civilisation industrielle, d'une société organisée autour du travail, d'une circulation de groupes ethniques parfois porteurs de savoirs spécifiques – bref, tous les éléments d'un profil identitaire dont aujourd'hui peu de collectivités sont disposées à faire leur deuil, depuis qu'elles ont compris que le lien social peut s'en trouver renforcé et que le dynamisme d'une nouvelle économie peut y trouver son compte.
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