3. « Old New Zealand »
• Les premières intrusions européennes
En 1642, Abel Tasman, naviguant pour la Compagnie hollandaise des Indes orientales, découvre la côte occidentale d'un territoire – il le baptisera, à son retour, Nieuw Zeeland – qu'il pense être relié à un hypothétique continent austral. Le premier contact avec les habitants du pays est marqué par la violence et Tasman refuse de débarquer sur cette terre peuplée d'« ennemis ». En 1769, James Cook, chargé d'une expédition de reconnaissance scientifique du Pacifique par le gouvernement britannique, redécouvre la Nouvelle-Zélande. Venant de Tahiti, il accoste sur la côte orientale. En dépit du rôle essentiel joué par Tupaia – Tahitien et homme de haut rang qui a accepté de suivre Cook – en tant que médiateur, interprète et informateur entre les Britanniques et les Maoris, les échanges sont violents. Selon le naturaliste Johann Reinhold Forster, présent lors du deuxième voyage de James Cook (1773-1774), les Maoris sont « des amis accueillants, sincères et généreux, des guerriers intrépides [anthropophages] et audacieux, des ennemis implacables et cruels ». Cette description contrastée témoigne de l'ambiguïté du regard porté par les Britanniques sur les Maoris, alors que des relations d'échange commencent à se développer. Escale obligée dans le Pacifique, la Nouvelle-Zélande et ses richesses potentielles décrites par Cook (baleines et phoques, bois, chanvre – dit lin de Nouvelle-Zélande –) attirent commerçants et aventuriers. La première station baleinière est implantée en 1792 à Dusky Bay dans l'île du Sud, inaugurant un système d'exploitation qui se développera le long des côtes dans les années suivantes. Le dépeçage des bêtes, l'extraction de l'huile, le traitement des peaux et autres produits, comme les fanons, sont faits sur place puis envoyés vers l'Europe. Mais ce premier commerce baleinier ne peut véritablement se développer que parce qu'il est autorisé et facilité par les Maoris. Ceux-ci assurent la protect […]
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