Écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa est (tout comme Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez ou José Donoso) l'un des principaux réalisateurs de ce que l'on a appelé, dans les années 1960, le boom de la littérature latino-américaine : explosion soudaine et fulgurante d'œuvres et de talents originaux qui provoquèrent l'admiration et l'intérêt passionnés du public de langue espagnole, suivi aussitôt par les lecteurs du monde entier.
1. Un goût précoce de l'écriture
Mario Vargas Llosa naît le 28 mars 1936 à Arequipa, au Pérou. Après des études secondaires à Cochabamba (Bolivie), puis à Lima et à Piura, il s'inscrit à l'université de San Marcos. Il fera ensuite de longs séjours en Europe (Paris, Madrid, Londres, Barcelone). Sa connaissance profonde du Pérou, sa vaste culture littéraire, son goût pour l'écriture (dès 1952, il publie une pièce de théâtre, La Huida, « La Fuite ») et pour le journalisme, une enfance tourmentée, une puissante personnalité, tout cela s'est épanoui brusquement dans la création d'un cycle romanesque qui, très vite, impose son nom. « Je suis convaincu que la littérature est intrinsèquement scandaleuse », déclare Vargas Llosa. C'est à dénoncer le scandale en effet, et ses mille visages, que dès le début s'emploie son œuvre. Après Ricardo Palma, César Vallejo, José María Argüedas et Ciro Alegría qui, en leur temps, donnèrent leur éclat aux lettres du Pérou, c'est le nom de Vargas Llosa qui, sans conteste, s'impose désormais au premier rang des écrivains péruviens.
En 1959, le jeune écrivain obtient, en Espagne, le prix Leopoldo-Alas pour un recueil de nouvelles, Los Jefes (Les Caïds) : « Tentatives frustrées de romans », dit l'auteur de ces récits âpres et tendus. D'emblée le ton est trouvé : « La tension éclata violemment comme une explosion » ; d'emblée aussi le thème essentiel, la violence de l'individu en réponse à la violence de la société : qu'il s'agisse d'une révolte de collégiens (Les Caïds), d'un duel à mort (Leónidas), de la rivalité d […]
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