Grand propriétaire terrien dans les Andes péruviennes, Ciro Alegría a bien connu, dès sa prime enfance, les milieux indigènes et paysans qu'il devait présenter plus tard dans son œuvre. Entre-temps, ses activités subversives en faveur de la réforme universitaire et du parti révolutionnaire de l'A.P.R.A. lui valent deux ans de prison, puis, quand il a à peine vingt-cinq ans, une interdiction de séjour qui se traduit, en fait, par un exil de vingt-cinq ans (au Chili, puis aux États-Unis, à Porto Rico et à Cuba). Il ne rentre au Pérou qu'en 1957 (sous un gouvernement plus libéral), mais c'est à l'étranger qu'a été produit l'essentiel de son œuvre, notamment, en 1941, son grand ouvrage Vaste est le monde (El Mundo es vasto y ajeno, 1960), qui, honoré d'un prix littéraire panaméricain, marque le début de sa réputation internationale.
Son premier roman Le Serpent d'or (La Serpiente de oro, 1941) évoque la misère des paysans de la vallée tropicale du Marañon et les crues meurtrières du grand fleuve. Sur quoi l'auteur brode l'aventure et l'échec d'un jeune ingénieur plein d'illusions sur les possibilités de mettre en valeur une terre hostile. Da […]
