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MANICHÉISME

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5.  La communauté manichéenne

Comme ces prescriptions ne peuvent être observées à la lettre et dans la même mesure par tous, le manichéisme n'en exige la pratique rigoureuse que des meilleurs de ses fidèles. Force lui a été d'en venir à codifier une sorte de « double morale », à édicter deux régimes distincts d'observances et de règles de conduite, l'un relâché, qu'il concède par pure tolérance aux plus faibles, aux plus imparfaits de ses adeptes (ici désignés par le nom d'« auditeurs » ou de « catéchumènes »), l'autre strict, qu'il réserve à une élite, à ceux d'entre eux qui, appelés aussi « parfaits » ou « saints », appartiennent à la classe supérieure des « élus ». Les auditeurs sont simplement tenus à se conformer à un « décalogue », à un code de dix commandements, qui leur est spécialement approprié : ne pas se livrer à l'idolâtrie ou à la magie, ne pas mentir, ne pas se montrer avare, ne pas tuer, ne pas commettre d'adultère, ne pas faire preuve de duplicité ni de mollesse, ne pas négliger les exercices de piété. À part cela, il leur est permis de s'adonner à toutes sortes d'activités profanes ; ils sont libres de posséder, de bâtir, de semer, de récolter, d'être agriculteurs, artisans ou commerçants, de manger de la viande et de boire du vin, de se marier ou de vivre avec une concubine, d'avoir des enfants. Sans doute certaines de ces actions sont-elles susceptibles d'être, en un sens, tenues pour des œuvres pies, dans la mesure où elles tournent à l'avantage de l'Église, où elles tendent à fournir, selon le terme manichéen, des « aumônes » destinées aux élus, la maison édifiée se prêtant à servir de lieu du culte, le pain récolté et confectionné, la nourriture préparée pouvant contribuer à alimenter les saints, l'enfant engendré permettant de grossir un jour le nombre des recrues, et ainsi de suite. Il n'en reste pas moins que de pareils actes sont en soi autant de péchés – ou, tout au moins, d'attentats contre la Vie – et de souillures, qui enlèvent à l'auditeur […]

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AUGUSTIN saint (354-430)

Écrit par :  Michel MESLIN

Dans le chapitre "La vie et l'homme"  : …  ne fit qu'accroître ce sentiment. Jeune rhéteur à Carthage, Augustin fut attiré par le *manichéisme. Durant neuf ans, il chercha dans cette religion l'accès à la vérité. Or, la métaphysique manichéenne n'était pas sans grandeur et pouvait bien tenter un esprit aussi profondément religieux que celui d'Augustin. En termes satisfaisants pour la raison… Lire la suite
COPTES

Écrit par :  Pierre DU BOURGUETHervé LEGRAND

Dans le chapitre "Le monde païen"  : …  de la masse, grâce à l'usage d'une écriture plus « lisible », le succès des écrits gnostiques et *manichéens. Un lot très important des premiers (49 traités sur papyrus en 13 volumes), datant du ive siècle après J.-C., a été découvert en 1946 à Chénoboskion près de Nag Hammadi en Haute-Égypte. Ils constituent en fait, avec… Lire la suite
DUALISME

Écrit par :  Simone PÉTREMENT

Dans le chapitre "Manichéisme"  : …  *Fondé au iiie siècle par le Perse Mani, le manichéisme est l'une des formes tardives et syncrétistes du gnosticisme. Mani voulut unir le christianisme (sous sa forme gnostique) au mazdéisme, au bouddhisme et à la philosophie grecque. En fait, la part du christianisme gnostique est de beaucoup la plus importante dans sa doctrine… Lire la suite
ENCRATITES

Écrit par :  Richard GOULET

… *Terme signifiant « les continents » (du grec enkratès) et désignant plusieurs sectes hérétiques de l'Église ancienne qui prônaient un rigorisme moral radical (interdiction du mariage, abstention de viande et de vin) fondé sur une condamnation de la matière et du corps considérés comme les œuvres d'un démiurge distinct du Dieu suprême.… Lire la suite
LOTUS BLANC, chin. BAILIANJIAO [PAI-LIEN-KIAO]

Écrit par :  Kristofer SCHIPPER

… *La plus importante ou, en tout cas, la plus célèbre des sociétés secrètes chinoises (il faudrait plutôt l'appeler secte proscrite), le Lotus blanc (Bailianjiao, ou Bailian hui) est un vaste mouvement syncrétiste sotériologique et mystique qui remonte au moins au xiie siècle ; à plusieurs reprises, il rassembla les masses… Lire la suite
PAULICIENS

Écrit par :  Richard GOULET

… *Apparus vers le milieu du viie siècle, les pauliciens constituaient une secte dualiste qui se rattachait au manichéisme, et qui forma probablement le premier anneau d'une chaîne conduisant aux bogomiles, puis de ceux-ci aux cathares. Le paulicianisme semble être né en Arménie entre Erzeroum et Erzincan, d'où, fuyant une première… Lire la suite
PRISCILLIEN (335 ou 345-385)

Écrit par :  Pierre Thomas CAMELOT

… *Espagnol (de Bétique), laïque riche et cultivé, Priscillien mène vers 370 environ une vie d'ascétisme sévère, qui lui vaut une grande réputation et lui attire de nombreux disciples : des femmes, des clercs, et même des évêques. Il est difficile de dire avec précision quelle était sa doctrine, qui semble apparentée au dualisme gnostique et manichéen… Lire la suite
PUECH HENRI-CHARLES (1902-1986)

Écrit par :  Michel TARDIEU

…  Jung (aujourd'hui Codex I) dont les volumes paraissent de 1956 à 1975. Son petit livre, Le *Manichéisme, son fondateur, sa doctrine (Paris, 1949), qui reproduit le texte de deux conférences faites à Rome les 5 et 7 novembre 1946, a longtemps dominé toute la recherche sur le sujet. Les plus grands spécialistes des études patristiques… Lire la suite
SASSANIDES

Écrit par :  Philippe GIGNOUX

Dans le chapitre "Le foisonnement des idées religieuses"  : …  *Mani bénéficia d'une large tolérance sous les premiers Sassanides et put tout à la fois former des disciples, consigner par écrit son enseignement et le propager dans l'empire. Il effectua même des voyages en Inde. Mais cette tolérance à son endroit cessa sous le règne des Vahrām, de Vahrām II (276-293) en particulier, qui, sur dénonciation du… Lire la suite
TURCO-MONGOLES LANGUES ET LITTÉRATURES

Écrit par :  Louis HAMBIS

Dans le chapitre "La littérature ouïgoure"  : …  tentèrent d'amener à leur civilisation les territoires qu'ils contrôlaient, mais leur conversion au *manichéisme semble avoir été une des causes de leur défaite. Au cours de cette période, les manichéens venus de la Transoxiane par le Turkestan oriental ou par le Sémiretchié leur apportèrent avec leur religion une littérature spécifique qu'ils… Lire la suite
UN PHILOSOPHIES DE L'

Écrit par :  Jean TROUILLARD

Dans le chapitre "Quelques modèles d'unité"  : …  et péras). Dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, une doctrine venue d'Orient, le *manichéisme, qui inspirera au Moyen Âge le catharisme des Albigeois, admet que l'univers est un compromis résultant de la rivalité du bon et du mauvais principe, de la lumière et des ténèbres. Une forme non ontologique de dualisme apparaîtra dans l'… Lire la suite

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