Physicien américain né le 13 juin 1911 à San Francisco, Luis Walter Alvarez commence ses travaux comme assistant, puis il devient professeur à l'université de Californie (Berkeley), où il découvre en 1938 le phénomène de capture électronique de certains noyaux radioactifs. Avec Felix Bloch, il effectue la première mesure du moment magnétique du neutron en 1940.
Entre 1940 et 1943, il poursuit ses travaux au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.), dans le domaine des ondes ultracourtes, et contribue à la mise au point et à l'utilisation du radar et des guides micro-ondes. À la fin de la guerre, il participe aux travaux du laboratoire de Los Alamos et suggère le système d'allumage de la bombe A.
Après la guerre, il contribue à la réalisation du premier accélérateur linéaire à protons ainsi qu'au développement de la chambre à bulles à hydrogène liquide. Ces travaux ont conduit à la mise au point de la technique de détection des neutrinos et à la découverte de nouvelles particules subnucléaires, les résonances, produites dans les collisions nucléaires à haute énergie, et ont valu au physicien le prix Nobel en 1968.
Alvarez détourna ensuite son intérêt de la physique des particules. Il avait toujours été attiré par l'application des outils de la physique à d'autres domaines. Ses succès les plus spectaculaires furent ses études portant sur l'extinction de certaines espèces, des dinosaures entre autres, à la fin de la période géologique du Crétacé, il y a quelque 65 millions d'années. En collaboration avec son fils Walter et ses collègues en chimie nucléaire, F. Asaro et H. Michel, il démontra la présence imprévue d'une grande concentration d'iridium dans l'argile située à la limite entre les formations géologiques du Crétacé et du Tertiaire. Cette concentration est beaucoup plus importante que la quantité moyenne observée dans la croûte terrestre et ressemble davantage à la constitution d'éléments composant les comètes et les astéroïdes. Alvarez et ses collègues interprétèrent donc l'extinction massive de ces espèces comme le résultat de l'impact d'une météorite d'environ 10 kilomètres de diamètre. Cette hypothèse est toujours tenue comme la plus probable par une majorité de spécialistes.
Alain GRIMAUD
Retour en haut



