Physicien d'origine suisse né le 23 octobre 1905 à Zurich, mort le 10 septembre 1983 à Zurich. Naturalisé américain (1939), professeur à l'université Stanford (Californie), Prix Nobel de physique (avec E. M. Purcell, 1952), Bloch a effectué de nombreux travaux théoriques et parfois expérimentaux, en physique de la matière condensée particulièrement. Il est un des créateurs de la méthode de la résonance magnétique nucléaire, dans la variante appelée induction nucléaire, utilisée pour mesurer les moments magnétiques élémentaires et, plus généralement, pour étudier la matière condensée (Bloch, Hansen, Packard, 1946). Il a formulé, à cette occasion, les équations semi-phénoménologiques du mouvement d'un moment magnétique macroscopique dans un milieu condensé (équations de Bloch).
En théorie du solide, on lui doit le premier calcul quantique de la conductivité électrique des métaux, à hautes températures (1928) et aux basses températures (1930, loi de Bloch en T4). Le travail de 1928 contient en outre la première application de la théorie des groupes au mouvement d'un électron dans un cristal, conduisant aux « fonctions de Bloch » comme fonctions d'onde des états stationnaires en présence d'un champ périodique. Le problème du ferromagnétisme d'un cristal à un seul domaine de Weiss, aux basses températures, se trouve résolu dans un travail qui introduit un nouveau type d'état stationnaire collectif dans un solide, les « ondes de spin », correspondant à un nouveau type de quasi-particules, les « magnons » (1931). La compréhension du ferromagnétisme d'un cristal à plusieurs domaines est due, d'autre part, à l'idée d'une transition continue entre deux domaines voisins (parois de Bloch, 1932), ultérieurement confirmée par des expériences directes.
Viorel SERGIESCO
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