Avec ses 16 942 kilomètres carrés, le Limousin est une des plus petites régions de programme françaises et la moins peuplée (Corse exceptée). C'est aussi la région dont le P.I.B. est le plus faible (après la Corse également) et son P.I.B. par habitant se classe en dix-huitième position sur vingt-deux régions. Le Limousin comprend trois départements – Haute-Vienne, Corrèze et Creuse – qui constituent une entité naturelle et humaine à peu près homogène.
Longtemps tourné en dérision par Rabelais, La Fontaine et Molière, ayant la réputation d'être physiquement et humainement enclavé, le Limousin – coincé entre des régions à forte personnalité comme le Périgord, l'Auvergne ou le Poitou – souffre d'une image de marque assez floue et de problèmes réels, en particulier d'ordre démographique.
1. Le lancinant problème démographique
Alors que l’ensemble de la population française n’a cessé de progresser, celle du Limousin a régressé jusqu’en 1999. De plus d’u n million d’habitants au début du xxe siècle, la population limousine est tombée, en 1999, à quelque 711 000 habitants. Depuis lors, elle est en progression. Trois temps peuvent être distingués dans cette évolution :
– De la Première Guerre mondiale à 1962, tous les facteurs se sont cumulés, à savoir saignée démographique due à la guerre, faible fécondité et exode des jeunes.
– Si le recensement de 1962 ne marque aucune rupture dans la baisse tendancielle de la natalité, en revanche le solde migratoire s’inverse et devient structurellement positif. Après un bref baby-boom au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le taux de natalité régresse (de 18 p. 1000 en 1911 à 9 p. 1000 en 1996) ; parallèlement, l’indice de fécondité s’effondre.
– Depuis 1999, grâce à un fort excédent migratoire qui compense le solde naturel négatif, la population limousine augmente. Le taux de natalité et l’indice de fécondité sont toujours inférieurs à la moyenne nationale (respectivement 9,7 p. 1000 contre 13,1 en 2006, et 1,76 contre 1,99).
– En 2009, la région compte 741 000 habit […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



