Région de seuil entre les parlers d'oil et la langue d'oc, traversée par la limite des toits d'ardoises et des tuiles romanes, la région Poitou-Charentes présente la double particularité d'être la moins urbanisée de France et l'une de celles où la périurbanisation est la plus importante. Composée de quatre départements (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne) elle est peu peuplée, avec 1 640 000 habitants au recensement de 1999, soit 3 p. 100 de la population française. Son organisation spatiale est ancienne : de l'Antiquité au début du xixe siècle, quatre provinces la composent : le Poitou, l'Angoumois, la Saintonge et l'Aunis. Après la domination médiévale de Poitiers, le changement le plus important est l'émergence et le développement de La Rochelle dont l'activité économique va être renforcée par des fonctions administratives qui concernent la Saintonge et le Cognaçais. La pérennité des pays depuis des siècles et l'absence de polarisation économique forte marquent toujours l'organisation de l'espace régional au début du xxie siècle, favorisant la coopération et les réseaux entre les chefs-lieux de départements.
1. Diversité des sols et des paysages
Terre de transition, le Poitou-Charentes couvre un espace naturellement très diversifié, constitué à la fois des plateaux du Limousin à l'est et du massif vendéen au nord-ouest, du Bassin parisien au nord et de l'Aquitaine au sud. L'ouverture sur l'Atlantique par la zone littorale laisse largement pénétrer les influences océaniques. La carte des types de sols reflète cette diversité avec des terres provenant des roches calcaires (terres de Groie, de Champagne et d'Aubues), des dépôts de couverture sur les plateaux (terres Rouges, Bornais et terres de Brandes) ou encore des massifs anciens ou de sables dunaires. Cette répartition des sols influence fortement les potentialités agronomiques des régions naturelles, même si les contraintes liées au sol ont été partiellement réduites par le drainage et l'irrigation.
Baignée par l'Atlantiqu […]
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