L'ouvrage que les Bibles chrétiennes appellent l'Ecclésiaste est placé dans celles-ci après les Proverbes et dans les Bibles juives parmi les Cinq Rouleaux (Megilloth), parce qu'il est lu à la fête des Tabernacles. Son nom hébreu est Qoheleth, participe féminin appliqué à l'auteur : « le rassembleur » (de Qahal, l'assemblée). De là vient la traduction grecque Ekklèsiastès. Il est rédigé en un hébreu très marqué d'aramaïsmes et proche de l'hébreu talmudique. La version grecque est fort servile. Il en existe trois versions latines, dont une antérieure à Jérôme, très utile par sa fidélité. Bien que tardif et fortement discuté, à cause de son contenu, par les rabbins du ier siècle, le livre n'a jamais cessé d'appartenir au « canon » des livres saints des juifs et des chrétiens. Il a été abondamment commenté par les Pères de l'Église ancienne, ainsi que par les auteurs du Moyen Âge latin. Il fut toujours très estimé des rabbins.
Il se présente comme l'œuvre de Salomon, le plus sage des rois, ce qui fut admis par l'ensemble des Pères, des commentateurs et des exégètes, même protestants, jusqu'au xviiie siècle. Puis la cri […]
