2. La destinée du lamarckisme
• Le courant transformiste prélamarckien
Bien que cette idée d'une histoire de la vie sur la Terre ne fût pas nouvelle, elle n'avait pu s'exprimer devant le poids de la pensée fixiste qui affirmait que les espèces étaient des entités immuables depuis leur création. En Europe, pourtant, dès la fin du xviiie siècle, des auteurs anglais tels qu'Erasmus Darwin, les Italiens Antonio Fortis et Giuseppe Gautieri, les Français Jean-Claude de la Métherie et Eugène Patrin, et le Suisse Jean-André De Luc avaient déjà essayé d'expliquer comment la transformation de la surface de la Terre au cours des temps géologiques avait entraîné des processus d'adaptation et de changement du monde vivant. Plusieurs d'entre eux avaient avancé l'hypothèse que les modifications climatiques avaient obligé les êtres vivants à changer leurs habitudes de vie. Le principe de l'hérédité des caractères acquis, communément admis, permettait de cumuler les variations adaptatives responsables de la formation de nouvelles espèces. Lamarck avait donc résumé le débat contemporain dans un système cohérent et montré comment l'hypothèse transformiste pouvait expliquer tous les phénomènes biologiques – de la distribution géographique des plantes et des animaux et leur classification, à la formation des instincts et l'apparition de l'intelligence et de la culture humaines.
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