L'espèce constitue la forme parfaitement élaborée de l'organisation des êtres vivants et l'unité fondamentale de leur classification. Il semblait qu'avec la théorie synthétique de l'évolution, développée dans les années 1940, tout avait été dit en ce qui concerne la naissance, l'épanouissement et l'extinction des espèces. Or la littérature scientifique récente consacre à l'espèce une floraison d'ouvrages où des centaines de définitions ont été recensées. Inventaires de la flore et de la faune, protection des formes menacées, barrières infectieuses, transferts de gènes, xénogreffes : la notion d'espèce est omniprésente.
Les spécimens qui se ressemblent, qui descendent les uns des autres et qui se fécondent appartiennent à une même espèce. Ressemblance, descendance et interfécondité sont les trois relations essentielles qui unissent les êtres vivants, et, pour cette raison, représentent les trois critères retenus par le naturaliste lorsqu'il diagnostique une espèce.
La ressemblance est d'abord externe, c'est l'habitus. Elle peut être interne, par exemple le squelette. Le n […]
