La Rochelle, chef-lieu du département de la Charente-Maritime, est la seconde ville de la région Poitou-Charentes, presque au niveau de Poitiers, la capitale. La ville comptait 76 000 habitants et l'agglomération 116 000 personnes lors du recensement général de 1999 et a peu augmenté depuis lors (76 800 hab. dans la ville en 2007). Au fond d'une anse, abritée par trois îles, Oléron, Aix et Ré, La Rochelle a, dès sa naissance au xe siècle, fondé sa renommée sur l'océan pour devenir l'un des principaux ports de la façade atlantique (8e port français en 2004 pour l'ensemble de l'activité avec 7 millions de tonnes).
Après la ruine de Châtelaillon en 1130-1131, les comtes de Poitiers transforment La Rochelle, bourgade de pêcheurs, en ville nouvelle, qui sera entourée de remparts dès 1173. À partir de La Rochelle, c'est l'ensemble de l'Aunis qui entreprend la mise en valeur de ses ressources : les défrichements fournissent les terres au vignoble, l'exploitation du sel se poursuit. Dès le xiie siècle, La Rochelle, avec Bordeaux et Bayonne, concentre le négoce maritime international : Espagne, Angleterre, villes de la Ligue hanséatique, mer Baltique. Un nouveau port est aménagé au fond de la baie.
Le cabotage et l'exportation de produits agricoles – blés du Poitou, vins, eaux-de-vie, papier d'Angoumois, sel –, et un vaste arrière-pays relié par la Charente constituent des atouts vis-à-vis de clients d'Europe du Nord. Au xvie siècle, l'essor se poursuit, soutenu par une renommée de place libre protestante : la ville refuse de se soumettre à l'autorité royale en 1568 et devient une place forte huguenote. Après la période troublée des guerres de religion, le siège de La Rochelle (1627-1628) par les troupes royales menées par Richelieu affaiblit la ville, qui perd une grande partie de ses habitants, ses fortifications et une partie de ses privilèges. Très vite, grâce à un fort courant migratoire, la ville se repeuple, mais au profit des catholiques.
La promotion de La Rochelle au rang de chef-lieu de généralité renforce […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



