À un journaliste qui lui demandait quels étaient ses poètes préférés de l'actualité espagnole, Federico García Lorca répondit : « Il y a deux maîtres : Antonio Machado et Juan Ramón Jiménez. » C'était en 1936. Pour caractériser le second, dans une de ces reparties fulgurantes dont il avait le secret, Lorca ajoutait : « Un grand poète troublé par une terrible exaltation de son moi, lacéré par la réalité qui l'entoure, incroyablement mordu par des choses insignifiantes, l'oreille aux aguets du monde, véritablement ennemi de son âme merveilleuse et unique de poète. » De ce portrait l'éclairage est violent ; mais il met bien en lumière quelques traits majeurs du poète éperdu de beauté poétique que fut Juan Ramón Jiménez, l'une des plus hautes figures du lyrisme espagnol du xxe siècle. Toute son œuvre, toute son existence, tout son être épris de perfection furent au service de ce seul idéal, la poésie, à laquelle il voua comme un culte sacré : « Pour moi, la poésie, disait-il, a toujours été intimement confondue avec toute mon existence... Je considère le fait poétique comme profondément religieux ; c'est la religion immanente, sans credo absolu, que j'ai toujours […]
Autres références
« JIMÉNEZ JUAN RAMÓN (1881-1958) » est également traité dans :
-
ESPAGNE (Arts et culture) - La littérature
Auteurs :
Jean CASSOU, Corinne CRISTINI, Jean-Pierre RESSOT
Dans le chapitre "Nouveaux maîtres à penser" : …
chez les poètes de 1898, puis dans l'effusive multiplicité d'images, l'environnement cosmique de *Juan Ramón Jiménez (1881-1958). Avec celui-ci, une nouvelle génération apparaît, qui comprend le romancier, d'un si puissant et profond humour, Ramón Pérez de Ayala, le philosophe et esthéticien Eugenio d'Ors, d'un style aussi précieux que les…
Lire la suite
-
SONNETS SPIRITUELS, livre de Juan Ramón Jiménez
Auteur :
Bernard SESÉ
Juan RamónJiménez *Juan Ramón Jiménez (1881-1958) distinguait trois périodes dans sa vie d'écrivain : l'époque sensitive, de 1909 jusqu'à 1915 environ ; l'époque intellectuelle, inaugurée par le Journal d'un poète nouveau marié (1916) – « début du symbolisme moderne dans la poésie…
Lire la suite
Retour en haut
Bibliographie
Œuvres de Juan Ramón Jiménez
Platero et moi (Platero y yo, 1914), trad. C. Couffon, Paris, 1956
Segunda Antolojía poética, Madrid, 1922
Notes et Poèmes, trad. G. Lévis Mano, Paris, 1954
Poésies, trad. G. Lévis Mano, Paris, 1955
Libros de poesía, Madrid, 1957
Tercera Antolojía poética, Madrid, 1957
Primeros Libros de poesía, Madrid, 1959
Cartas, Madrid, 1962
Primeras Prosas, Madrid, 1962
Libros inéditos de poesía, Madrid, 1964-1967
Edicíon del centenario, 20 vol., Taurus, Madrid, 1982
Espace, trad. G. Azam, J. Corti, 1988
Fleuves qui s'en vont, trad. C. Couffon, ibid., 1990
Pierre et ciel. 1917-1918, trad. B. Sesé, ibid., 1990.ÉtudesG. Azam, L'Œuvre de J. R. Jiménez, Champion, 1980
F. Garfías, Juan Ramón Jiménez, Madrid, 1958
J. Guerrero Ruiz, Juan Ramón, de viva voz, Madrid, 1961
R. Gullón, Conversaciones con Juan Ramón Jiménez, Madrid, 1958
G. Palau de Nemes, Vida y obra de Juan Ramón Jiménez, Madrid, 1974
A. Sánchez Barbudo, La Obra poética de Juan Ramón Jiménez, Madrid, 1981
J. L. Schonberg, Juan Ramón Jiménez ou le Chant d'Orphée, Neuchâtel, 1962.
Retour en haut