Dans les films américains, qui relèvent d'un cinéma du comportement, les personnages se déterminent par leurs attitudes, leurs actions, leurs réactions. Une exception cependant : les protagonistes des films de Joseph Mankiewicz qui, eux, se déterminent par la parole. Celle-ci est si présente, voire omniprésente, dans ses films, elle apparaît si nécessaire, que, dans Cinquante Ans de cinéma américain, Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon assurent que « si le cinéma parlant n'existait pas, Joseph Mankiewicz l'aurait inventé ».
Joseph Leo Mankiewicz est né à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, le 11 février 1909. Après des études de lettres anglaises à la Columbia University, il s'installe, en 1928, à Berlin où il assiste le correspondant du Chicago Tribune, puis traduit en anglais les intertitres de films produits par la U.F.A. De retour aux États-Unis, en 1929, il est pris sous contrat à la Paramount par l'entremise de son frère Herman. Il rédige les intertitres de neuf films, puis collabore au scénario de dix-huit autres, dont deux pour R.K.O. En 1933, il entre à la M.G.M., où, après avoir été scén […]
