Les Gymnospermes sont des arbres ou des arbustes à feuillage toujours vert, à l'exception de quelques genres à feuillage décidu (mélèze, cyprès-chauve de Virginie), bien représentés par les Conifères dont on connaît la valeur économique et ornementale.
Le mot « gymnosperme » a été employé pour la première fois par Théophraste (370-285 av. J.-C.) mais il a fallu attendre Adolphe Brongniard (1829) pour voir apparaître le terme Phanérogame Gymnosperme dans son acception actuelle. Au sein des Phanérogames, les Gymnospermes s'opposent aux Angiospermes par leur graine non enfermée dans un fruit.
Mais sur cette définition, à laquelle s'ajoutent des nuances et de nombreux autres critères, tous les botanistes ne sont pas d'accord. Si ce groupe très ancien, très diversifié trouve parfaitement sa place dans l'arbre généalogique végétal, sa limite reste fort discutée. Les nombreux problèmes posés par son origine et par sa phylogénie témoignent de son intérêt. C'est pourquoi E. C. Jeffrey (1917) avait conclu, avec quelque exagération : « Ce groupe fournit la documentation la plus importante pour l'étude inductive des principes généraux de l'évolution présentée par quelque groupe que ce soit d'organismes vivants, végétaux ou animaux, actuel ou fossile. »
Dans cet article, on s'efforcera de montrer la multitude des problèmes évolutifs et les difficultés soulevées pour établir la généalogie des Gymnospermes, en prenant des exemples plus particulièrement chez les Coniférales.
1. Limites et affinités
Les plantes vasculaires forment des séries d'espèces descendant les unes des autres dans le temps, appelées « séries phylétiques », plus ou moins bien connues, qui, partant d'ancêtres des temps paléozoïques ou antérieurs, sont arrivées aux formes actuelles des fougères, des pins ou des fleurs de nos jardins et des arbres feuillus.
Si l'on connaissait bien ces séries, chacune d'elles pourrait fournir un arbre généalogique auquel on donnerait un nom, mais on est encore loin de pouvoir dresser un tel arbr […]
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