Toutes les expressions regroupées sous le terme de graffiti possèdent en commun quelques caractéristiques, ce qui justifie qu'on les considère comme une classe distincte de phénomènes. L'étude étymologique du terme ne suffit pas à comprendre la nature intrinsèque des diverses manifestations qu'il indique. La signification profonde des graffiti réside non pas dans les moyens par lesquels ils sont effectués, qui ne diffèrent pas de ceux qu'utilisent le dessin et l'écriture en général, mais dans la nature – autant psychologique que matérielle – des supports sur lesquels ils sont réalisés. Peu usité au xixe siècle, où il semble avoir été employé pour la première fois dans d'autres langues que l'italien, le terme « graffiti », qui avait auparavant désigné tous griffonnages, grattages et gribouillis, quels que soient leurs supports, prit, à cette époque-là, un sens nouveau ; il devint, pour les archéologues et les paléographes, un terme général servant à distinguer les inscriptions populaires cursives des inscriptions officielles formelles trouvées sur les monuments antiques. De nos jours, il désigne des inscriptions et des dessins non officiels tracés à main levée, et suppose des supports (mur de bâtiment, muraille, colonne, etc.) d'un caractère particulier.
Le P. Raffaele Garruci fut, sinon le premier à étudier les graffiti figuratifs antiques, du moins le premier à en publier une collection importante. C'est à lui que l'on doit d'avoir étendu le sens du terme, qui ne désignait à un moment donné que les inscriptions cursives antiques, à la désignation des dessins muraux populaires antiques. Aujourd'hui, il est généralement admis d'appeler graffiti tout dessin et toute inscription non officiels se trouvant sur une surface, architecturale ou autre, dont la fonction principale se distingue de celle des supports habituellement employés pour le dessin et l'écriture. Le plus souvent, ce sont des surfaces fixes et verticales.
Le mur de bâtiment, la muraille, le couloir, les ouvertures (p […]
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