7. Ethnologie
On a déjà vu qu'il est difficile de parler de graffiti à propos des manifestations graphiques des peuples sans écriture. Il faut supposer, néanmoins, qu'il existe chez certains de ces peuples des expressions gratuites, plus ou moins irréfléchies, que l'on pourrait qualifier de graffiti. Maintenant que le phénomène général des graffiti semble intéresser davantage les chercheurs, on peut voir paraître des études sur les graffiti de ces peuples. Cependant, on ne doit pas oublier que la présence de graffiti suppose déjà un certain développement technologique et social qui autorise la distinction entre l'art formel et l'art populaire. Ces conditions n'existent pas partout. Les pygmées Babinga, par exemple, sont un peuple dont les manifestations plastiques et graphiques non transformatoires, non technologiques sembleraient être réduites à quelques scarifications du visage.
Quand Marcel Griaule découvrit des graffiti en Éthiopie, il constata une organisation culturelle complexe dans laquelle une classe sacerdotale puissante jouait un rôle important. Les rites, les pratiques et la mythologie de l'Église abyssine imprègnent toute la vie de cette société. Les graffiti se trouvent pour la plupart sur les montants, les marches et les battants en bois des portes et fenêtres d'églises, les bâtiments les plus importants des villages où l'enquête de Griaule fut menée. Ils ont surtout pour sujet des prêtres, des chantres et des personnages de l'histoire et de la mythologie chrétienne tels que le diable, saint Sébastien, des saints cavaliers, etc.
Aucune étude des graffiti des pays orientaux n'est encore parue, mais les graffiti figuratifs népalais ont constitué le sujet d'une documentation sommaire, réalisée au cours de l'été 1967 par l'ethnologue Khem Bahadur Bista. On peut remarquer qu'ils comportent le motif cordiforme, une figuration de la tête humaine tout à fait cohérente avec l'art formel népalais, des stries, des piquetages, des superpositions, des dessins employés dans des […]
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