Au sein de l'école d'ethnologie française, le nom de Germaine Dieterlen – avec ceux de Solange de Ganay, Marcel Griaule, Michel Leiris, Deborah Lifchitz, Denise Paulme, André Schaeffner – est inséparable de la haute histoire des recherches menées depuis les années 1930 chez les Dogon de l'ancien Soudan français, l'actuel Mali.
Née à Paris en 1903 dans une famille protestante cévenole, Germaine Dieterlen découvre l'ethnologie en travaillant au musée d'Ethnographie du Trocadéro comme collaboratrice bénévole auprès de Georges Henri Rivière, alors chargé par Paul Rivet de concevoir ce qui deviendra le musée de l'Homme. En 1931, elle rencontre Marcel Griaule. Élève de Marcel Mauss, spécialiste de l'Abyssinie, Griaule met alors la dernière main à la préparation de la Mission Dakar-Djibouti (mai 1931-février 1933). Membre de la quatrième (Sahara-Cameroun, 1936-1937), puis de la cinquième (Niger-Lac Iro, 1938-1939) mission Griaule, Germaine Dieterlen conduit ses premières enquêtes sur les Dogon lors de son deuxième séjour en Afrique. De retour en France, elle entreprend l'exploitation de ses matériaux en même temps qu'elle parachève sa formation universitaire. En 1938, Griaule publie Masques dogons et Jeux dogons ; suivent en 1940 Organisation sociale des Dogons, de Denise Paulme, en 1941, Les Devises des Dogons, de Solange de Ganay, et Les Âmes des Dogons de Germaine Dieterlen.
Interrompues par la guerre, les recherches sur les populations du Soudan français reprennent dès 1946 (sixième mission Griaule). Après deux années passées à l'Office de la recherche scientifique coloniale, Germaine Dieterlen entre en 1948 au Centre national de la recherche scientifique. Désormais, elle retournera presque chaque année sur ses terrains de prédilection : chez les Dogon de Sanga, mais aussi chez leurs voisins proches ou lointains, ainsi chez les Bambara de Ségou, auxquels est consacrée sa thèse principale de doctorat d'État (1948), Essai sur la religion bambara, qui paraît en 1951. Directeur de recherche au […]
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