Ingénieur, ethnographe et cinéaste, Jean Rouch est né à Paris. Il a commencé à se servir de la caméra pour témoigner de son expérience africaine. De cette première période témoignent de nombreux courts-métrages, dont Au pays des mages noirs (coréalisé avec Jean Sauvy et Pierre Ponty, 1946) et Les Fils de l'eau (1952, film constitué des courts-métrages réalisés entre 1949 et 1951). Peu à peu, grâce à son rayonnement personnel, à sa notoriété dans le monde discret des ethnologues, à son œuvre et à ses théories, formulées au fil de ses interventions et de son enseignement, il est devenu une référence dans le monde en effervescence du jeune cinéma français de la fin des années 1950. Grâce au producteur Pierre Braunberger, Les Maîtres-Fous (1954), son premier coup d'éclat, devenu un classique, a pu être diffusé en salle, non sans provoquer des réactions diverses de la part des Africains. Rouch a été alors connu comme Rouch l'Africain, sans perdre l'estime de ses pairs en accédant à la distribution commerciale, en particulier avec Moi un Noir (1958) qui marque une date par sa liberté de ton et sa confiance dans la parole de ses personnages, suivi par une autre expérience innovante, La Pyramide humaine (1959). Attentif aux progrès du matériel de terrain, aiguillonnant les techniciens pour qu'ils accroissent sa légèreté et perfectionnent l'enregistrement sonore, Jean Rouch fut le premier en France à appliquer dans un grand film, avec la précieuse collaboration du sociologue Edgar Morin et du réalisateur québécois Michel Brault, les méthodes d'investigation audiovisuelle. Ce fut Chronique d'un été (1960), qui souleva les passions, et fut au centre de la querelle du cinéma-vérité du début des années 1960. Entre l'Afrique (Monsieur Albert prophète, 1962 ; Rose et Landry, 1963 ; La Chasse au lion à l'arc, 1965 ; La Goumbé des jeunes noceurs, 1965 ; Jaguar, 1954-1967) et la France (La Punition, 1962 ; Gare du Nord, sketch de Paris vu par..., 1964), parfois soumise au regard de l'Afrique (Peti […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



