4. “La Mort d'Empédocle”, “Odes”, “ Hymnes”, “Élégies”
Il est vraisemblable que cette “histoire” influença indirectement le développement de son unique projet dramatique “ propre”, La Mort d'Empédocle : tragédie politique de l'homme qui refuse le trône que lui offrent ses concitoyens, mais aussi tragédie de l'homme fasciné par l'engloutissement dans la mort et le retour à l'élémentaire. Hölderlin y travailla pendant son premier séjour à Homburg, cette “colonie d'aventuriers”, où il devait retrouver plusieurs intellectuels fortement politisés : Isaac von Sinclair, Siegfried Schmid, Ulrich Böhlendorff...
D'Empédocle, il existe trois versions fragmentaires, inégalement longues, qui montrent la lutte que mène l'auteur avec le sens même de l'histoire d'Empédocle d'Agrigente, médecin, philosophe “pré-socratique”, archétype du révolutionnaire renversant un roi pour instaurer la république, qui se jeta dans l'Etna, d'où ne serait revenue que sa sandale... Dans ces trois fragments, Hölderlin “travaille” les raisons mêmes du suicide d'Empédocle, “ennemi mortel de toute existence bornée...” : châtiment d'un coupable sentiment de supériorité par rapport à la nature, retour volontaire et libre à l'origine, enfin, plus près de la légende, sacrifice allégorique censé contraindre les citoyens d'Agrigente à devenir “politiquement adultes”. Car “ce n'est plus le temps des rois”. Il est temps de devenir citoyen, de savoir s'affranchir du passé, de la tradition, de lever les yeux vers “la divine nature”. La genèse de cette tragédie jamais achevée est peut-être liée indirectement à l'observation à distance de la carrière de Bonaparte en France. Elle reprend les questions politiques du temps. Il semble aussi que l'influence de Jean-Jacques Rousseau (y compris de sa biographie d'homme persécuté) joue un rôle très important dans la genèse des trois versions.
Avec le départ de Homburg s'achève une période de l'existence de Hölderlin encore ouverte sur des sens différents, des voies nouvelles. Comme […]
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