Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

HÖLDERLIN FRIEDRICH (1770-1843)

Page précédente Page suivante

2.  Tübingen

Le Stift, un ancien monastère des moines augustiniens, était –  est encore – une sorte d'école normale supérieure avant la lettre, avec certes des finalités plus théologiques et ecclésiastiques que républicaines, mais avec un mode de fonctionnement fondé sur le recrutement des meilleurs élèves du pays, l'apprentissage avec des tuteurs, la pratique intensive de la philosophie et des langues anciennes, la perspective offerte à quelques-uns de sortir des finalités spécifiques de l'établissement (former des pasteurs), pour devenir précepteur, puis professeur, homme de lettres... De grands anciens avaient suivi ce chemin gratifiant : Kepler, notamment. De grands contemporains allaient faire de même : Hegel, Schelling. Il y avait là surtout de nombreux jeunes intellectuels anonymes, frottés de culture, ouverts à l'esprit du temps, politisés. Les “séminaristes” (ou Stiftler) dévoraient Kant et Rousseau. Ceux de la “ promotion 1788” – celle de Hölderlin – avaient dix-neuf ans le 14 juillet 1789 : l'âge, à peu près, de Bonaparte, Beethoven, Chateaubriand, Alexandre von Humboldt... Ils devinrent adultes en chantant La MarseillaiseLa Carmagnole, en renversant les tyrans de la terre dans des dédicaces aux amis (“les amis”, une notion phare de cette période). Le Stift n'est pas vraiment une bastille : ils s'y sentent et savent libres malgré la discipline de prison. Le dur apprentissage intellectuel, bien souvent bridé par le dogme, que Hölderlin identifie encore aux “galères de la théologie”, est plus ou moins consciemment assimilé à la constitution des savoirs nécessaires à la vie libre. Les amis du Stift sont aussi des compagnons de voyage, d'excursions lointaines, de marches à travers champs rythmées par des récitations de poèmes. La poésie de Hölderlin y éclôt, dans le triangle, la fédération des comparses Magenau, Neuffer. Ils imitent Matthison, Klopstock et Schiller.

C'est l'époque des premiers hymnes, dits “Hymnes de Tübingen”. Ils sont rimés, strophés, cadencés, conventionnels et parfois traversés d'éclairs étonnants. Les sujets sont “réflexifs” comme ceux du modèle principal, Schiller. Ils chantent la Liberté, l'Amour, l'Amitié, la Beauté, l'Humanité, l'Audace, la Grèce. Ces premiers poèmes font un peu connaître Hölderlin. En eux, surtout, il a reconnu ce qu'il voulait faire, ce qu'il voulait être : poète. En eux il traverse, pour l'abandonner, la nécessaire phase épigonale de toute poésie. Sa vie sera dès lors le développement obstiné de ce projet, contre l'obstination même de la destinée que lui dessinaient les autres, l'institution, sa mère, la tradition familiale.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« HÖLDERLIN FRIEDRICH (1770-1843) » est également traité dans :

ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES) - Littératures

Écrit par :  Nicole BARYClaude DAVIDClaude LECOUTEUXÉtienne MAZINGUEClaude PORCELL

Dans le chapitre "Indépendants et marginaux"  : …  meurt méconnu. Il faudra plus d'un siècle avant que la postérité ne l'égale aux plus grands. Et *Hölderlin enfin (1770-1843). Traducteur de Pindare et de Sophocle, il est parmi tous ces écrivains le seul qui ait vraiment trouvé le contact avec la Grèce antique. Après avoir longtemps pleuré cette Grèce d'autrefois comme un âge d'or perdu, il… Lire la suite
ÉLÉGIES ET HYMNES, livre de Friedrich Hölderlin

Écrit par :  Isabelle KALINOWSKI

FriedrichHölderlin *Parus parfois de son vivant dans quelques revues, mais en grande partie inédits au moment où débuta la seconde « moitié de sa vie » marquée par la folie (1806-1843), les poèmes de Friedrich Hölderlin (1770-1843) ne furent pas d'emblée rassemblés en un recueil ou un cycle achevéLire la suite
Fragmente-Stille, an Diotima, NONO (Luigi)

Écrit par :  Juliette GARRIGUES

… *Le Vénitien Luigi Nono s'affirme comme un compositeur engagé, conscient des inégalités et des injustices sociales: ses recherches sur l'essence du son, constitutives de sa pensée musicale, sont indissociables de son engagement politique. Son œuvre manifeste sa passion pour la voix, dont témoignent Il Canto sospeso (1956) – pièce… Lire la suite
HYPÉRION

Écrit par :  Nicole QUENTIN-MAURER

… *L'un des Titans, père d'Hélios (le Soleil), de Séléné (la Lune) et d'Éos (l'Aurore), identifié parfois lui-même avec le Soleil (son nom signifie en grec « celui qui va au-dessus [de la Terre] »), Hypérion n'occupe dans la mythologie ancienne qu'une place secondaire. C'est au temps du romantisme que John Keats lui confère la valeur et la beauté d'un… Lire la suite
LEOPARDI GIACOMO (1798-1837)

Écrit par :  Sergio SOLMI

Dans le chapitre "Le poète de la douleur maîtrisée"  : …  Dans son important ouvrage sur Leopardi (1930), Karl Vossler établit un parallèle entre Leopardi et *Hölderlin. Les analogies entre les deux poètes sont en effet surprenantes : pauvreté et difficultés pendant toute leur existence ; même extase devant les spectacles de la nature (ordinairement diurnes et solaires chez Hölderlin, nocturnes et lunaires… Lire la suite

Retour en haut

Média

Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Friedrich Hölderlin

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média