Brentano a exercé une profonde influence sur l'évolution de la pensée philosophique au xxe siècle, ainsi que sur plusieurs courants de la psychologie moderne. Parmi ses élèves, on compte Husserl, père de la phénoménologie, Ehrenfels, pionnier dans l'étude de la « Gestalt », Stumpf, Meinong et Marty.
Brentano doit beaucoup à la philosophie antique (surtout à celle d'Aristote qu'il considérait comme son maître et auquel il consacra plusieurs ouvrages) et à la scolastique. Mais il a subi l'emprise de la méthode expérimentale, mise en vogue par l'épanouissement des sciences naturelles. Son admiration pour Aristote et pour la grande tradition explique son refus de la philosophie kantienne ; quant à l'idéal d'une philosophie comme science rigoureuse, il l'incite à critiquer sévèrement les écoles idéalistes, et en premier lieu Hegel.
1. De la théologie aux sciences humaines
Brentano, né à Marienberg (sur le Rhin), appartient à une famille célèbre (Clemens Brentano, le grand poète romantique, était son oncle). Il fit des études de philosophie et reçut la prêtrise en 1864. Il prit part à la controverse sur l'infaillibilité du pape et rédigea le mémorandum présenté par les évêques allemands au Vatican. Il fut professeur de philosophie aux universités de Würzburg et de Vienne. En proie à des doutes et à des conflits intérieurs, il quitta l'état sacerdotal en 1873, tout en demeurant au sein de l'Église. Son mariage provoqua l'indignation des autorités ecclésiastiques de Vienne, et le gouvernement exigea sa démission de l'Université. Il enseigna encore à Vienne en qualité de Privatdozent jusqu'en 1895, année où il partit pour Florence. Du début de la guerre à sa mort, il vécut à Zurich.
2. La « science de l'avenir »
Brentano considérait la psychologie comme la partie la plus importante de son œuvre, celle qui devait servir de base aux autres disciplines et rendre possible la solution des principaux problèmes philosophiques. D'après lui « science de l'avenir », elle exercera une profonde influence sur le développem […]
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