2. La « science de l'avenir »
Brentano considérait la psychologie comme la partie la plus importante de son œuvre, celle qui devait servir de base aux autres disciplines et rendre possible la solution des principaux problèmes philosophiques. D'après lui « science de l'avenir », elle exercera une profonde influence sur le développement de la pédagogie, de la politique et de la vie pratique en général.
Dans Psychologie du point de vue empirique (Psychologie vom empirischen Standpunkt, 1874-1911), Brentano se propose de jeter les fondements d'une psychologie, science « descriptive », en la distinguant très nettement des démarches « génétiques ». Une psychologie génétique emprunterait sa méthode aux sciences naturelles, où l'observation, l'expérimentation, l'induction et la probabilité jouent un rôle capital. Or la psychologie descriptive est une discipline où l'on atteint « d'un seul coup et sans induction » une connaissance a priori et apodictique. On atteint les faits fondamentaux de la conscience par l'inspection directe des phénomènes psychiques. Par exemple, la loi : « Rien ne peut être aimé sans être en même temps représenté à la conscience », qui appartient à cet ordre, possède un caractère absolu et universel.
Cette conception de la psychologie exercera une influence décisive sur la phénoménologie de Husserl, qui postule une connaissance a priori, fondée sur l'intuition directe des faits de conscience. Brentano apprendra à Husserl que la question descriptive, le « quoi », précède et rend possibles celles sur le « comment » et sur le « par quoi ».
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