3. L'importance de la farce française
L'influence de la farce française sur la littérature européenne a souvent été sous-estimée. Aux Pays-Bas, les acteurs ont joué des farces dans les mêmes conditions qu'en France, comme en témoignent les tableaux des peintres flamands tel Pieter Balten (surtout sa Kermesse des paysans). Selon Gustave Cohen, les guerres d'Italie ont offert l'occasion d'influencer la commedia dell'arte. Cervantès à son tour écrivit des farces. Mais l'héritier le plus fortuné de la farce fut Molière. On l'a dit, mais on n'a pas souligné assez la dette de cet auteur génial à ces farceurs anonymes français dont les thèmes s'ajoutent aux sources classiques et italiennes de Molière. Ainsi tout ce que Le Médecin malgré lui doit au fabliau Le Vilain Mire. Les jeux de scène, changements de costume, déguisements, tromperies, mystifications, et même la langue savoureuse et comique si caractéristique de Molière, se voient également dans les farces de la fin du Moyen Âge.
Ce genre théâtral amusait un public des plus étendus : bourgeois, étudiants, paysans, nobles. Les premiers imprimeurs profitaient de la popularité du genre, imprimaient les textes, qu'ils vendaient aux spectateurs. La plupart des farces sont connues dans des exemplaires aux pages longues mais très étroites – format dit agenda. On les réimprimait encore au milieu du xviie siècle.
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