3. Les évangiles synoptiques
• L'évangile selon saint Marc
La théologie de Marc a été interprétée en fonction de tel ou tel de ses aspects, jugé fondamental : préface au récit de la Passion et de la Résurrection, livre des épiphanies secrètes du Messie, description du triomphe de Jésus sur Satan, secret messianique... Ces différentes perspectives peuvent s'unifier dans l'intention principale que Marc manifeste au début de son livret : écrire un évangile afin de proclamer que Jésus est le Fils de Dieu.
Première caractéristique de Marc : seul il emploie le substantif évangile au sens absolu (Marc, i, 14 et 15 ; viii, 35 ; x, 29). Alors que Luc entend faire œuvre d'historien et Matthieu travail de scribe avisé, Marc veut simplement présenter l'« évangile », non pas au sens d'un écrit, mais comme la bonne nouvelle prêchée par la communauté chrétienne. Cette annonce n'est reconnue par un homme – et un païen – qu'à la mort de Jésus (xv, 39) ; auparavant, c'est seulement Dieu qui la proclame, au Baptême (i, 11) et à la Transfiguration (ix, 7), ainsi que les possédés du démon (iii, 11 ; v, 7). Jésus, lui, exige le secret au sujet de sa personne : secret imposé aux démons (i, 34 ; iii, 12), aux miraculés (i, 44 ; v, 43 ; vii, 36 ; viii, 26), aux disciples (viii, 31 ; ix, 9), ses paraboles veulent même cacher le mystère aux indignes (iv, 11). Quant aux disciples, ils se montrent inintelligents devant la situation (iv, 41 ; vi, 51-52 ; viii, 16-21 ; ix, 33-34 ; x, 35 et 41-42). Telle est la doctrine du « secret messianique » par laquelle Marc entend montrer comment l'Évangile fut annoncé avant Pâques. Il a systématisé, imparfaitement (cf. ii, 10 et 28 ; x, 47-52), une donnée traditionnelle dont Matthieu est aussi témoin indépendant (Matth., ix, 27-30) et qui, à l'aide d'un schéma littéraire, opposition du caché et du révélé, rejoint l'intention de […]
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