Second tome d'une œuvre unique, attribuée à Luc, dont le premier est le troisième Évangile canonique. Les articulations entre les deux livres sont nombreuses. L'un et l'autre débutent par un prologue à l'adresse d'un même personnage, Théophile : manière hellénistique de composer l'histoire qu'accompagne l'habitude contemporaine d'écrire les « Actes » des grands personnages (par exemple, les « Actes » d'Alexandre). Un double récit de l'Ascension, l'un terminant l'Évangile et l'autre inaugurant les Actes, constitue une charnière, narrative et théologique, articulant entre eux les deux écrits : les récits relatifs au « temps de Jésus » (Évangile) étant orientés vers Jérusalem, les récits relatifs au « temps de l'Église » (Actes) partant de la Ville sainte pour s'ouvrir aux perspectives de la Terre entière.
La symétrie est donc grande entre les deux livres, qu'il faudrait pouvoir lire en superposition : les récits de l'Annonciation et du Baptême étant à l'événement de la Pentecôte ce que le Baptiste est à Étienne et ce que Jésus est à Paul. L'unité des thèmes et du vocabulaire est également frappante. Retenons simplement les deux faits suivants. D'abord, Luc a presque l'exclus […]
