Grande puissance mondiale, avec une population de 300 millions d'habitants, les États-Unis continuent à être régis par la plus ancienne Constitution écrite actuellement en vigueur, élaborée en 1787-1788 pour un pays de 4 millions d'habitants. Fondé sur les principes du fédéralisme, de la limitation et de la séparation des pouvoirs, de la liberté des citoyens, le régime politique américain s'est étendu des treize États fondateurs, tous situés sur la côte est, jusqu'au Pacifique ; il a permis une croissance économique d'une ampleur sans précédent dans l'histoire ; il a survécu aux crises politiques et sociales du xixe siècle – notamment à la guerre de Sécession (1861-1865) – et a organisé l'accession des États-Unis aux responsabilités internationales, lors des deux guerres mondiales, et à la prépondérance mondiale à partir de 1990.
Miracle de solidité et d'adaptabilité ? L'évolution a souvent découlé d'affrontements entre groupes sociaux, mais aussi des rivalités entre institutions voulues par les rédacteurs de la Constitution, les « pères fondateurs » de la démocratie américaine ; et rien ne garantit que la victoire, souvent temporaire, du Congrès sur le président, dans le domaine de la politique étrangère, ou des juges sur les autorités élues, pour la solution de certains problèmes sociaux, améliore l'efficacité du système lui-même. Aussi l'inquiétude – surtout après des crises telles que celle des années 1960 à propos du problème noir, celle qui a été entraînée par la guerre du Vietnam, ou bien encore la crise provoquée par l'affaire du Watergate qui, pour la première fois dans l'histoire des États-Unis, a acculé un président à la démission (Richard Nixon, en 1974) – n'est-elle pas sans justification. Depuis la fin des années 1960, la proportion des Américains qui font confiance aux institutions fédérales n'a pas cessé de décliner. Elle ne dépasse guère un tiers, et le procès en destitution qui s'est terminé le 12 février 1999 par l'acquittement du président Bill Clinton n […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 16 pages…



