Richard Nixon, trente-septième président des États-Unis (1969-1974), a marqué de son empreinte l'histoire de son pays principalement dans le domaine de la politique étrangère. Avec l'aide efficace d'Henry Kissinger, son conseiller pour les affaires de sécurité nationale puis son secrétaire d'État, il met fin à l'engagement militaire américain au Vietnam, certes moins facilement qu'il ne le pensait. Anticommuniste acharné, Nixon contribue toutefois à accélérer le processus de la détente en négociant avec l'U.R.S.S. la limitation des armements stratégiques et, surtout, reconnaît officiellement la République populaire de Chine, en se rendant à Pékin en 1972. L'affaire du Watergate, au début de son second mandat, déclenche une grave crise constitutionnelle qui, en quelques mois, détruit sa popularité et le contraint à démissionner dès août 1974.
1. Les débuts politiques
Né à Yorba Linda, en Californie, le 9 janvier 1913, dans une famille pauvre, Richard Milhous Nixon fait des études de droit dans une bonne université de Caroline du Nord, mais il ne réussit pas à se faire embaucher dans un cabinet d'avocats de l'Est. Il retourne donc en Californie, où il épouse en 1940 une institutrice, Pat Ryan. C'est la guerre qui, comme pour tant de jeunes Américains, sera sa chance. D'abord avocat auprès de l'Office of Price Administration (contrôle des prix), il s'engage ensuite dans la marine, où il jouera plus au poker à terre qu'il ne verra le combat en mer.
À la fin de la guerre, sollicité par des hommes d'affaires républicains du sud de la Californie, il se présente contre le représentant sortant, un progressiste rooseveltien. Grâce à une tactique de campagne qui s'avérera toujours payante (discréditer l'adversaire par l'insinuation diffamatoire), il est élu.
L'anticommunisme va devenir son fonds de commerce. Membre de la commission des activités anti-américaines de la Chambre, il réussit à faire inculper en 1948 puis condamner un haut fonctionnaire rooseveltien, Alger Hiss, pour faux témoignage. Il est ain […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



