5. « Multipédia »
La révolution informatique et le développement mondial d'Internet ayant constitué une révolution technique et culturelle plus profonde encore que celle de l'imprimerie, elle ne pouvait épargner ni l'encyclopédisme ni, pratiquement, les encyclopédies. Tout d'abord, outre ses fonctions explicitement commerciales et idéologiques, l'espace électronique mondial peuplé de textes écrits, d'images et de sons constitue la plus grande accumulation langagière, iconique et sonore de tous les temps. Aucun livre, aucune bibliothèque ne peut en approcher. D'autre part, la mise au point des liens hypertextes, qui ne fait que systématiser les systèmes de renvois qu'un Diderot – par exemple – avait admirablement su gérer, et aussi l'instantanéité des mises en rapport, phénomène nouveau, avec une mémorisation qui reprend celle qu'avait instauré il y a des millénaires, l'écriture, ces caractères peuvent remarquablement s'appliquer aux recueils de données préexistants – dictionnaires, encyclopédies, anthologies, recueils juridiques, sommes administratives (comme celles de l'encyclopédisme chinois sous les dynasties Tang, Ming ou Qin), terminologies des sciences de la nature, dictionnaires encyclopédiques de noms propres, etc. On aura reconnu les éléments des grands projets du passé, manuscrits ou imprimés.
Il était naturel que l'univers électronique suscite ses propres produits encyclopédiques, en essayant d'utiliser les possibilités techniques du système : modifications instantanées, circulation mondiale, consultation déployée grâce aux liens hypertextes. Mais la réflexion préalable fut purement pragmatique. Un article du site français de l'« encyclopédie libre » Wikipédia, énumérant ce que ce système n'est pas, donne de l'« encyclopédie » une définition négative, dont on peut extrapoler ces critères positifs : objectivité, exhaustivité et normalité (« nous rapportons tout le savoir humain normal »), indépendance, malgré le choix d'une langue, par rapport à « un pays quelc […]
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