Désigne tout d'abord la loi divine de l'Église telle qu'elle se trouve consignée dans les Écritures, fondement immuable puisque sacré à partir duquel, s'adaptant aux situations nouvelles, l'Église élabore le droit canonique.
Le droit divin des rois exprime une certaine conception du pouvoir. Depuis l'époque carolingienne et l'institution du sacre royal, on considère que le monarque reçoit de la Providence la mission de conduire le peuple de Dieu vers la Cité éternelle. Mais de nombreux théologiens insistent sur le fait que, si ce pouvoir vient de Dieu, il est confié au roi par l'intermédiaire du peuple et pour le « commun profit », soit qu'il le délègue une fois pour toutes à une famille (France), soit que le monarque soit élu (Allemagne). Cette intervention de la Providence aboutit à investir le roi d'une mission, à la fois temporelle et spirituelle, et à faire du monarque en quelque sorte un roi-prêtre.
Cependant, le conflit des souverains d'Occident et du pape, à partir du xie siècle, conduit à modifier et à affiner cette conception. Sous l'influence du droit romain, on dissocie de nouveau le spirituel et le temporel ; la notion d'État et d'un […]
