De 1302 à 1789, l'histoire des états généraux se confond presque toujours avec les crises les plus graves de la vie nationale française : guerre de Cent Ans, troubles religieux du xvie siècle, Fronde, Révolution. Mais ces consultations extraordinaires sont très différentes des institutions représentatives modernes. Les états généraux se tiennent sur convocation du roi qui n'a jamais admis de réunions périodiques. Les états satisfont au « devoir de conseil » que fidèles et vassaux rendent au souverain.
Il serait faux de conclure que toute l'histoire des états généraux à travers les siècles devait nécessairement aboutir aux journées de l'été 1789 et que les états des xvie et xviie siècles préparaient inéluctablement les institutions représentatives actuelles. Le principal souci était, à la Renaissance ou sous Louis XIII, de maintenir l'originalité des ordres. Leurs conflits ne révèlent pas le désir d'abolir une société hiérarchisée selon la dignité, mais bien au contraire la volonté pour l'un d'entre eux de se placer au premier rang, ce qui n'est pas contester la société, mais lutter pour y participer à son avantage.
1. Les origines
La première convocation, en 1302, par Philippe le Bel, est provoquée par le conflit qui oppose le roi de France au pape Boniface VIII. Comme en 1308, dans l'affaire de l'ordre du Temple, il s'agit moins de véritables états que d'une association de l'opinion publique aux décisions politiques de la royauté. Jusqu'au milieu du xve siècle, les états généraux s'apparentent aux cours féodales où des évêques, des prélats, des grands feudataires et des représentants des « bonnes villes » viennent donner leurs avis et discutent des levées de deniers.
Dans la seconde moitié du xve siècle, les convocations individuelles sont remplacées par des élections au niveau de chaque bailliage. En 1484, le plat pays députe pour la première fois et les élections se font séparément dans le cadre des trois ordres : clergé, noblesse et tiers état. Les députés sont désignés par l […]
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