Né le 8 septembre 1914 à Istanbul, Dimitrios Papadopoulos appartenait à une famille grecque phanariote. Après ses études au lycée français de Galata (Istanbul) et à la fameuse école de théologie de Halki, il est ordonné prêtre, le 29 mars 1942. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, entre 1945 et 1950, il est nommé à Téhéran où il réorganise la communauté orthodoxe tout en enseignant le grec ancien à l'université. Revenu à Istanbul, il devient en 1964 auxiliaire de l'archidiocèse de Constantinople et, en 1972, est nommé métropolite d'Imbros, une île turque de la mer Égée.
Il était le plus jeune des métropolites de Turquie quand il fut, presque aussitôt après, élu pour succéder au patriarche Athénagoras Ier. Avec l'aide du métropolite Méliton de Chalcédoine, doyen du Saint-Synode et son véritable alter ego, il sut prolonger la voie ouverte par son prédécesseur sans céder aux pressions des éléments conservateurs. À l'intérieur, dans le contexte difficile des relations gréco-turques et du retour du fondamentalisme islamique, le patriarche Dimitrios Ier héritait d'une situation de statu quo précaire. Il s'attacha à défendre les droits de la communauté orthodoxe d'Istanbul, tombée à moins de cinq mille fidèles aujourd'hui, alors qu'elle était de cent soixante-cinq mille dans les années 1940. En 1985, il finit par obtenir la reconstruction des locaux du Phanar, siège officiel du patriarcat, endommagés près de cinquante ans auparavant par un incendie. L'inauguration de son siège fut l'occasion de la première rencontre dans l'histoire entre un patriarche œcuménique et le chef de l'État turc.
En revanche, il ne put obtenir la réouverture prévue de l'école de théologie de Halki, fermée en 1971, mais empêchée par l'action d'extrémistes turcs opposés à l'accueil d'étudiants qui viendraient de l'étranger.
Tenace et patient, Dimitrios Ier parvint à faire lever l'interdiction formelle qui lui était faite par les gouvernements successifs de se déplacer en dehors de Turquie. En 1987, il put visiter les Églises or […]
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