3. Économie et société
L'économie nord-coréenne est fondée sur la nationalisation et la collectivisation à 100 p. 100, achevées en 1958. Elle est centralisée, planifiée et dirigée par le Parti du travail.
Dans ce « paradis socialiste », l'individu est pris en charge par l'État, de la naissance à la mort. La scolarisation et les soins médicaux sont gratuits ; il n'y a pas d'impôt. L'habillement et l'alimentation sont rationnés mais à bas prix ; le logement est attribué contre un loyer modique. En revanche, les salaires sont très bas ; les produits de luxe, vendus dans les magasins, sont hors de prix ; les gens n'ont pas le droit de circuler librement et sont soumis à un endoctrinement et à un travail forcé afin de réaliser les objectifs fixés. Sous un totalitarisme anachronique, le culte des Kim père et fils est poussé à son paroxysme.
La Corée du Nord a connu une forte diminution de sa population pendant la guerre de Corée. Elle comptait 9,7 millions d'habitants en 1949, mais seulement 9 millions en 1955 puisque, en plus des morts dus à la guerre, près d'un million de personnes avaient fui le régime communiste pour aller s'installer au Sud. Depuis lors, la population s'est accrue à un rythme rapide, pour atteindre 23,3 millions d'habitants en 2008, avec un taux d'accroissement annuel de 0,85 p. 100. On estime à près d'un million et demi le nombre de personnes mortes de la famine entre 1995 et 2005.
Le Nord était favorisé, au départ, par la présence des industries lourdes que les Japonais y avaient laissées. En 1945, il produisait 92 p. 100 de l'électricité, 86 p. 100 des combustibles, 82 p. 100 des produits chimiques, 78 p. 100 des minerais de la péninsule. Pyongyang bénéficia aussi de l'aide économique de ses alliés socialistes pour un montant total de 1 845 millions de dollars courants pour la période 1945-1960, 378 millions pour 1961-1970, 725 millions pour 1971-1980, soit un total de 2 948 millions de dollars dont 52 p. 100 en provenance d'U.R.S.S. et 31 p. 100 de Chine.
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