Né deux ans après l'annexion de la Corée par le Japon, le 15 avril 1912, à Mankyuengdai, dans la banlieue de Pyongyang, sous le nom de Kim Sung-ju (« le pilier du pays »), Kim Il-sung était l'aîné de quatre enfants. Sa vie légendaire, enseignée dès l'école primaire en Corée du Nord, nous apprend qu'il est issu d'une famille de métayers aux traditions révolutionnaires bien trempées. On ne sait pas au juste à partir de quel moment il commença à utiliser le nom de Kim Il-sung, nom d'un héros de la lutte antijaponaise décédé en 1935. Scolarisé en Mandchourie pendant l'occupation japonaise de son pays, il séjourne ensuite en Chine ; en 1926, il fait partie des fondateurs de l'Union pour abattre l'impérialisme, puis, en 1927, il participe à la création de l'Association des enfants coréens de Jilin et à l'Union de la jeunesse communiste. Ce combat politique a établi des liens privilégiés avec le Parti communiste chinois et convaincu les Nord-Coréens qu'ils ont joué un rôle essentiel dans l'implantation de la révolution en Chine du Nord-Est. Après la libération, Kim Il-sung a accompli trente-neuf voyages, officiels et secrets, en Chine populaire. Membre du Parti communiste chinois en 1931, il parlait le mandarin. De l'automne de 1929 à mai 1930, son engagement politique lui vaut de connaître la prison. En 1934, il fonde l'Armée révolutionnaire populaire coréenne, mais c'est dans les wagons de l'Armée rouge soviétique qu'il pénètre à Pyongyang en octobre 1945. Président du Comité populaire provisoire nord-coréen en février 1946, à l'heure de la fondation de la République populaire démocratique, il devient Premier ministre (sept. 1948). À partir de cette date, la Corée du Nord entretiendra des relations privilégiées avec les grands frères soviétique et chinois. En juillet 1961, restant à équidistance des deux capitales du communisme mondial, la Corée du Nord signe deux traités d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle. Même s'il recevait à Pyongyang beaucoup de délégations étrangères, quelle connaissance avait-il des réa […]
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