La prédation, activité qu'il ne faut pas confondre avec l'agression, met en jeu des comportements très complexes et très différents suivant les espèces. Elle pose de graves problèmes aussi bien à l'éthologie qu'à la science de l'évolution.
Les éthologistes ont mis assez longtemps à accorder à la prédation toute l'attention qu'elle méritait. On s'était plutôt intéressé jusque-là aux comportements de rapprochement des sexes ou de soins aux jeunes. Pourtant, des études déjà nombreuses sur ce sujet mettent en évidence des comportements très complexes faisant appel aux facultés cérébrales les plus élevées. On décèle notamment la présence de stratégies de chasse peu différentes de celles qu'emploient les hommes.
1. Les données du problème
Prédation et agression. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la différence est grande entre ces deux termes. Le comportement d'agression s'exerce entre sujets de la même espèce et très souvent de la même bande ou de la même famille. Il se manifeste par toute une série d'attitudes dites de menace, hautement ritualisées ; la conclusion n'en est pas nécessairement le combat avec blessures, mais le plus souvent le retrait de l'animal qui se sent dominé. La prédation est interspécifique. Le comportement de chasse qui précède la capture de la proie et même la mise à mort de celle-ci doivent être distingués avec soin du comportement d'agression. Les attitudes et les mimiques ne sont pas du tout les mêmes. Il suffit pour en être convaincu d'observer le comportement du chat qui a capturé une souris : le félin ne présente pas les signes de la colère qui sont si nets quand il s'en prend, par exemple, à un congénère. Bien au contraire, son attitude est plutôt celle du jeu. La prédation fait intervenir les comportements les plus compliqués et souvent les plus difficiles à interpréter.
L'aspect philosophique. On n'ignore pas les controverses infinies sur l'agression : est-elle innée ou acquise, y a-t-il des gènes de l'agression, doit-on étudier les phénomènes […]
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