2. Le message et le medium
• Le contenu
D'une manière très caractéristique, la recherche américaine a rejeté les méthodes traditionnelles d'étude des textes au profit d'une discipline originale, l'analyse de contenu, d'abord définie comme une étude systématique et quantitative du contenu manifeste de la communication, entreprise en vue d'inférences concernant l'émetteur, l'audience ou les effets (B. Berelson, 1952), mais dont les procédures et les champs se sont progressivement élargis sous l'influence de disciplines comme la linguistique ou la théorie de l'information.
Dans le champ de la communication de masse, les analyses américaines classiques se sont avant tout attachées à relever différences et concordances entre l'univers décrit par les mass media et l'univers « réel » de l'audience. Ainsi, on a pu montrer que les héros de certaines fictions se situent presque exclusivement dans les groupes ethniques et socio-professionnels dont le prestige est le plus élevé. Certains types de contenus excluent systématiquement les thèmes angoissants tels que mort, maladie, vieillesse, problèmes politiques et sociaux, chômage, etc. D'une façon plus générale, les analyses de contenu ont mis en lumière la conformité de certains types de messages des mass media avec des stéréotypes sociaux, moraux, culturels divers. De nombreuses données diachroniques ont fait apparaître l'évolution au cours du temps de la thématique ou des valeurs (L. Lowenthal, 1944).
La conception naturaliste présidant à ces recherches (le contenu est comparable à la vie « réelle ») n'a pas nécessairement fait obstacle à la description de messages à faible tonalité symbolique. Mais les résultats acquis par cette voie ne paraissent pas pouvoir être étendus avec profit aux messages fortement symboliques : de fait, dans le domaine des fictions les plus caractérisées, comme par exemple le cinéma, les analyses les plus convaincantes ont cherché à élaborer le contenu latent de la communication, en faisant appel à des données non quantitatives, par exemple d'ordre esthétique, psychanalytique ou anthropologique (M. Wolfenstein et N. Leites, 1950). De divers côtés et à des titres divers, d'autre part, on s'est accordé à reconnaître l'importance fondamentale de faits relevant du genre ou de la structure des œuvres diffusées par les moyens de communication de masse.
Le terme de « culture de masse » a été fréquemment utilisé pour désigner l'ensemble des contenus les plus caractéristiques des mass media, considérés comme formant un type original de culture.
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