De son éducation dans une famille bourgeoise protestante des Cévennes, Claude Régy dit avoir rejeté le puritanisme mais gardé un attachement au Texte, à la Bible, constamment citée. Ce spiritualisme sans dogme, ce mysticisme sans religion, annonce l'une des orientations de sa démarche théâtrale.
Interrompant Sciences-Po et ses études en droit, Claude Régy rejoint la capitale et fréquente les cours d'art dramatique de Charles Dullin, Tania Balachova et Michel Vitold. Il devient l'assistant de ce dernier, puis d'André Barsacq et de Michel Fagadau, avant d'entreprendre ses propres mises en scène. Assez vite, la création contemporaine l'accapare, et cette prédilection ne se démentira pas. Il porte à la scène les œuvres de Marguerite Duras (Les Viaducs de la Seine-et-Oise, 1960 ; Eden cinéma, 1977 ; Le Navire-night, 1978), de Nathalie Sarraute (Isma, 1972 ; C'est beau, 1975 ; Elle est là, 1979). Régy ne cesse de poursuivre un dialogue avec les auteurs vivants. L'Amante anglaise, de Duras, l'accompagne de loin en loin : la pièce, interprétée par Madeleine Renaud, est montée en 1969, 1982 et 1989.
L'intérêt que Claude Régy porte au renouveau de l'écriture théâtrale ne se limite pas, tant s'en faut, aux auteurs français. Au milieu des années 1960, il contribue à faire connaître une nouvelle génération d'auteurs anglo-saxons : Harold Pinter (L'Amant, La Collection, 1965 ; Le Retour, 1967), James Saunders (La prochaine fois je vous le chanterai, 1966), John Osborne (Témoignage irrecevable, 1966), ou encore Tom Stoppard, Arnold Wesker. À Paris, au Théâtre-Antoine, aux Mathurins, avec des comédiens (Delphine Seyrig, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Pierre Brasseur, Emmanuelle Riva, Michel Bouquet) servant à merveille des dialogues souvent brillants, les spectacles rencontrent un succès certain. Directeur d'acteurs minutieux, mais se méfiant de l'efficacité, Régy ne persévérera pas dans cette voie.
C'est davantage vers des auteurs allemands comme Peter Handke (La Chevauchée sur le lac de Constance, 1973 ; Les gens d […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



