Fils d'un petit tailleur juif de l'East End de Londres, Arnold Wesker devient homme de théâtre presque par hasard, après avoir vu, en 1956, la pièce d'Osborne, La Paix du dimanche (Look Back in Anger). Un outil, une arme, voilà ce dont il s'empare, avec l'aide du Royal Court et du metteur en scène John Dexter. Il veut donner la parole au malaise de sa génération démobilisée à la fois par les promesses du Welfare State et par les événements de Hongrie. Ce sont ses propres expériences professionnelles, sa propre famille, qu'il mettra d'abord en scène. Ronnie est le héros commun à trois pièces qui forment un triptyque, trois leçons d'un « roman d'apprentissage » : La Soupe de poulet à l'orge (Chicken Soup with Barley, 1958) ; Racines (Roots, 1959) ; Je parle de Jérusalem (I'm Talking about Jerusalem, 1960). Comme Wesker, Ronnie a une mère juive, chaleureuse, enthousiaste, militante communiste, et dépassée par les événements ; comme lui, il part en tant que cuisinier à Paris et rêve d'un monde meilleur. Dans Je parle de Jérusalem, il se retire dans une vieille ferme avec la femme qu'il aime : e […]
