Après s'être essayé au genre romanesque dans Lord Malquist and Mr. Moon(1966), Tom Stoppard se tourne vers le théâtre. Son œuvre se structure autour d'une donnée commune : l'esprit, ou wit. Si ce dramaturge britannique – né à Zlin, en Tchécoslovaquie, sous le nom de Thomas Straussler – est l'héritier d'Oscar Wilde et de la witty comedy (« comédie du bel esprit »), il n'en est pas moins également un philosophe du langage théâtral. Sa lecture de Beckett, mais aussi de Wittgenstein, l'inscrit dans le sillage d'un théâtre privilégiant la polysémie et l'auto-référence : Stoppard fait jaillir un sens nouveau des textes de Shakespeare (Rosencrantz and Guildenstern Are Dead), de Beckett ou de Wilde (Travesties), comme des tableaux de Magritte ou de Marcel Duchamp (« L'Assassin menacé » dans After Magritte et « Nu descendant l'escalier » dans Artist Descending a Staircase).
Abondante, l'œuvre de Stoppard offre à la fois des comédies métaphysiques, des comédies politiques et historiques et des farces bâties sur le nonsense. Tout se donne en spectacle : le geste, mais aussi le mot dans une célébration jubilatoir […]
