12. La dynastie sino-mandchoue des Qing (1644-1911)
• Établissement de la domination mandchoue
Les circonstances de la conquête de la Chine par les Mandchous sont bien connues et révèlent que cette conquête est venue mettre un terme à une crise sociale et économique si profonde qu'elle devait, dans tous les cas, amener la chute de la dynastie des Ming. Les zones de rébellion, nées des difficultés de la paysannerie et du mauvais approvisionnement des troupes, s'étendent en Chine du Nord à partir de 1627, gagnent le bassin du Yangzi et aboutissent vers 1636 à la formation de deux grandes régions autonomes, l'une en Chine du Nord, dirigée par Li Zicheng, l'autre dans le bassin du Yangzi et au Sichuan, dirigée par Zhang Xianzhong. Á ces troubles s'ajoutent, pour le pouvoir central, un déficit dramatique des finances et l'affaiblissement des armées impériales. Les Jurchen du Jehol, en Mongolie orientale, ont commencé en 1618 la conquête de la Mandchourie, vieille terre de colonisation chinoise et verrou de l'Empire dans le Nord-Est. Cette conquête est achevée en 1642. Mais les classes dirigeantes des Ming considèrent généralement ces envahisseurs, qui ont adopté le nom de Mandchous (Manzhou) et le titre dynastique de Qing, comme des alliés éventuels contre une rébellion qui reste leur principal souci. On comprend, dans ces conditions, la volte-face de Wu Sangui, général préposé au commandement des armées Ming massées à la passe de Shanhaiguan entre Hebei et Liaoning, au moment de la prise de Pékin par Li Zicheng et à la nouvelle du suicide de l'empereur. Car, pour la plupart des fonctionnaires des Ming, il importe, avant tout, de venger la mort de leur souverain. Ainsi, les Mandchous trouvent dans leur conquête de la Chine, facilitée par l'anarchie générale, une complicité de fait chez certains dirigeants chinois. La résistance des Ming en Chine du Sud et d'abord à Nankin s'organisera trop tard et avec des moyens limités. Malgré l'aide des pirates des côtes du Sud-Est (principalement celle de Koxinga, de son vrai nom Zheng Chenggong, à partir des environs de 1650), les Ming du Sud seront obligés […]
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