Naître à Saint-Quentin dans une vieille famille picarde, grandir sous la protection de François et Charles de Hallewin, évêques d'Amiens et de Noyon, être l'élève de Jacques Lefèvre d'Étaples au collège du Cardinal-Lemoine avant d'en devenir l'un des maîtres, vivre dans le commerce des Champier, Clichtove, Budé, Bérauld, Boucher et autres humanistes, courir l'Europe des spirituels, des mystiques, des bibliothécaires et des imprimeurs à la poursuite de ce que recèlent les archives de Josse Bade, d'Alde Manuce et de Plantin, le « scriptorium » de l'abbé Trithème, les cloîtres majorquins où se cachent les inédits de Lulle, telle est la formation reçue par Charles de Bovelles, avant qu'il n'entre en religion pour se fixer en 1515 à Noyon, dans quelque demeure canoniale proche de la cathédrale. Cette date marque un tournant dans une vie vouée désormais à l'étude, féconde de trente-quatre ouvrages ou recueils d'opuscules philosophiques, théologiques, mystiques, mathématiques, linguistiques, voire poétiques. Les cinquante-deux ans qu'il reste à vivre à Bovelles le verront abandonner toute pérégrination, comme si la dispersion du cercle de Meaux, la censure dont font l'objet Briçonnet, […]
